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Affaire d’achat de l’avion présidentiel et des équipements : Soumeylou Boubèye Maiga convoqué à la Cour suprême aujourd’hui

Soumeylou Boubeye Maïga, ancien premier ministre et président du parti l’Alliance pour la Solidarité au Mali/ Convergence des forces patriotiques (ASMA-CFP).

Le procureur général de la Cour Suprème, Mamoudou Timbo a affirmé le mardi 24 août 2021 que les dossiers de l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires n’étaient pas clos. Vingt quatre heures après cette sortie du procureur général de la Cour suprême on apprend que l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maiga sera entendu ce jeudi par des magistrats de ladite Cour.

Le début du premier mandat de l’ancien Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita a été marqué en 2013 par un scandale financier portant sur plusieurs milliards de FCFA  lié à l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires. Le bureau du vérificateur général avait révélé des irrégularités s’élevant à 28 549 901 190 FCFA. Cité dans les dossiers liés à l’affaire, qui a été judiciarisée en 2015, l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maiga a déclaré, le jeudi dernier sur le plateau de l’émission Grand Jury de Renouveau TV : « la Cour suprême a rendu un arrêt en mars 2021, qui clôt définitivement le dossier. Je ne me suis jamais ni préoccupé ni inquiété par rapport à ces dossiers ».

Ces propos de Soumeylou Boubèye Maiga ont poussé le procureur général de la Cour suprême, Mamoudou Timbo à sortir de son silence et apporter des éclaircissements sur cette affaire. « L’information, selon laquelle les dossiers liés aux affaires criminelles commises lors de l’achat de l’avion présidentiel et d’importants équipements et de matériels destinés aux FAMa auraient fait l’objet de classement sans suite, est fausse. Je m’inscris en faux contre cette information. Ce n’est pas de la bonne information. C’est une contre vérité », a indiqué, Mamoudou Timbo lors d’un flash spécial sur la télévision nationale le mardi dernier.

« C’est vrai qu’à un moment donné sous l’ancien régime, des enquêtes de police avaient été menées. Parce que la presse s’est fait l’écho de la commission de tels crimes. Il avait été instruit au procureur de la République du pôle économique et financier d’alors de classer l’affaire sans suite. Il s’est conformé aux instructions qu’il a reçu des plus hautes autorités administratives dont il relevait. Par la suite un autre ministre de la Justice est venu. Il a estimé que cette affaire ne devrait pas faire l’objet de classement sans suite et a donné des instructions dans le sens contraire, donc de reouvrir les dossiers liés à ces affaires-là. Des enquêtes complémentaires ont été menées », poursuit-il.

Le procureur général a affirmé que des ministres qui devaient être entendus lors des premières enquêtes et qui ne l’ont pas été, ont été donc entendus.

« Maintenant les deux procès-verbaux d’enquête ajoutés au rapport du bureau du vérificateur général doivent constituer une moisson d’information à laisser à l’appréciation de l’autorité compétente. Tout ce qui concerne les hautes autorités, les poursuites judiciaires sont déclenchées au soin du procureur général de la Cou suprême, c’est la loi qui le dit. Un procureur de la République au niveau du pôle économique et financier ne peut ni classer sans suite ni déclencher l’action publique dans ce cas », explique-t-il.

Mamoudou Timbo, précise que l’absence de la Haute cour de justice ne peut pas empêcher les magistrats de faire leur travail car, selon lui, les magistrats qui doivent instruire le dossier à travers le double degré d’instruction sont à la Cour suprême. « Le fait que nous n’avons pas de haute cour de justice ne signifie pas que nous devons rester dans l’impunité parce qu’au bout de 10 ans, si les affaires ne sont pas jugées, les faits sont prescrits. Donc les racines sont là. Le travail judiciaire se fera », a-t-il souligné.

A l’en croire, tant que la Haute Cour de justice ne fonctionne pas on ne peut pas la saisir, on revient dans le droit commun, on les fait bénéficier du privilège de juridiction, au niveau de la Cour suprême et on les traduit devant la Cour d’Assise parce que la Haute Cour de justice ne peut pas fonctionner.

Et d’ajouter « cette jurisprudence avait été tranchée depuis les années 80 et nous sommes dans cette jurisprudence et c’est ce que nous respectons. Sinon on reste comme ça. Non seulement l’opinion publique ne comprendra pas cette attitude d’attentisme de notre part, mais encore les faits seront prescrits. Il n’y a rien de plus dangereux pour une République que l’impunité ».

L’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maiga sera entendu aujourd’hui par des magistrats de la Cour suprême.

Issa Diallo

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