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Au Mali, les acteurs culturels s’insurgent contre l’application de l’état d’urgence

Photo : capture d'écran du document inédit Mali-Online sur le monde culturel du Mali face à la maladie Covid19, les enjeux, les inquiétudes et les perspectives.

Pour riposter contre la deuxième vague de la covid 19 au Mali, les autorités de la transition ont décrété l’état d’urgence en ordonnant la fermeture des lieux de loisirs. A cela s’ajoute l’arrêt de toutes activités regroupant plus de 50 personnes, mettant fin ainsi aux spectacles, concerts, festivals… Des mesures qui strangulent le monde de la culture bien que le gouvernement ait promis des mesures d’accompagnement, les acteurs culturels crient secours.

Entre mourir de faim ou de coronavirus, le monde de la culture est confus. Un monde vivant du seul ressort des activités comme les concerts, les spectacles, les festivals… est en pleine ébullition. Pourtant, ces mesures décrétées par le gouvernement ne sont point de nature à nuire à qui que ce soit mais plutôt à protéger, ce qui est d’ailleurs le devoir du gouvernement si l’on en croit certains acteurs du monde culturel. Cependant, les avis divergent là-dessus, d’aucuns pensent que ces mesures sont sélectives, car les artistes constituent la partie perdante de cette affaire d’autant plus que les spectacles ne sont pas les seuls facteurs de regroupement massif « Le gouvernement a préféré sanctionner les acteurs culturels que d’avoir les religieux sur le dos…  Je n’approuve pas les dispositions prises par le gouvernement, parce que tu arrêtes les spectacles, tu fermes les boîtes de nuit, les restaurants…tu n’as pas pu fermer les mosquées, les églises, les marchés, cela implique une incohérence dans ta gestion. Quand les spectacles sont à l’arrêt et que les gens continuent d’aller à la mosquée, cela peut toujours favoriser la contamination. » dénonce le rappeur Master Soumi.

L’artiste musicien, joueur de N’goni Bassekou KOUYATE quant à lui, remarque que la fermeture des lieux de spectacles sans le grand marché est insensée. Un lieu regroupant des milliers d’individus. « Il ne faut oublier que nous sommes aussi des chefs de famille, nous avons aussi des charges ». Ajoute le joueur de N’goni.

En outre, si l’on se réfère à leurs activités, on peut vite comprendre que l’industrie culturelle est constituée de gens vivant exclusivement de leur art. « On vit le jour au jour, nos réserves ne nous permettent pas de rester des mois sans activité. » regrette Abou GUITEYE, acteur culturel, promoteur du spectacle mensuel Bama Art.

Les mesures d’accompagnement, insuffisantes ?

Pour mitiger les conséquences des mesures prises contre la pandémie, le gouvernement du Mali a mis en place des mécanismes d’accompagnement. A travers le programme JIGI SÈMÈ JIRI, l’Etat octroie la somme de 90.000 F CFA, aux indigents qui ont perdu leur revenu à causes des mesures prises. Un engagement de l’Etat qui fut apprécié par plus d’un.

Cependant, cette somme paraît très insuffisante voir insignifiante pour certains. « 90.000 F CFA pour quelqu’un qui paye sa facture d’électricité à plus de 30.000, prix de condiments 10.000 FCFA. C’est insignifiant, on doit adopter de vraie solution. » préconise le griot Bassekou KOUYATE.

Par ailleurs, il est à noter que des solutions plus inclusives sont nécessaires pour maîtriser ce tourbillon qui serre la gorge des acteurs culturels. « La solution que je propose au gouvernement, c’est de rouvrir les lieux de spectacles, tout en distribuant massivement des masques de protection et des gels désinfectants. »  Propose Maï Traoré, actrice de cinéma, actrice principale de la serie « Karim et Doussou ».

Abdoulaye Konimba KONATÉ 

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