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Au Mali : Notre maison brûle et l’Union Africaine regarde ailleurs.

Photo d'illustration ©Mali-Online.net.

Défaillante en Libye, muette sur le Mali, dépassée en Éthiopie, voici comment on peut décrire l’Union africaine, cette institution panafricaine qui regroupe 54 membres. Elle a remplacé en 2002 l’Organisation de l’unité africaine (OUA), créée en 1963, au lendemain des indépendances).

Certainement, tous les échecs stratégiques rencontrés par l’Afrique au cours des dix années précédentes découlent de l’incapacité de l’UA à faire valoir le droit à l’autodétermination, malgré son importance primordiale dans les combats historiques contre l’impérialisme, le colonialisme et l’apartheid. Sur tout le continent, les peuples ont le sentiment que la force collective du leadership africain s’est considérablement affaiblie, le 4 janvier récent, la presse française en l’occurrence LE MONDE résume parfaitement cet état de fait en ce mot « L’Union africaine manque de dirigeants à la vision réellement panafricaine ».

Tabo Mbeki, l’ancien président sud-africain estime que « l’impuissance de l’UA à faire valoir les droits des peuples africains face à la communauté internationale s’est illustrée de façon flagrante dans le conflit libyen en 2011, au cours duquel les puissances occidentales se sont arrogé de manière unilatérale et éhontée le droit de décider de l’avenir du pays. »

Ce même scénario est en train de se produire au moment où la cedeao tente de mondialiser la crise malienne, en demandant le soutien d’une part de l’Union européenne et d’autre par du conseil de sécurité de Nations unies. Et pourtant l’UA est dotée d’un Conseil de paix et de sécurité, basé sur le modèle du Conseil de sécurité des Nations unies. Il est chargé des questions en lien avec la paix, la stabilité et la sécurité en Afrique.

Pendant ce temps, le temps passe, la région ouest-africaine devient le nouveau théâtre du jeu géopolitique entre les grandes puissances. Cette même situation prévalait en Libye il ya 11 ans d’ailleurs des pays africains ont eu à apporter leur soutien à la puissance Otanienne de faire de la Libye ce qu’elle est aujourd’hui. À cette époque, la plus grande institution panafricaine n’a pas réussi à désengorger le problème libyen par une voie pacifique et diplomatique, elle a tenté maintes fois d’intervenir, hélas sa capacité de s’affirmer à échoué.

Par cet effet, le président actuel de la commission de l’Union africaine ne cesse de dire que l’intervention militaire fut un désastre géopolitique pour l’Afrique dont les conséquences font écho au Sahel. Pour éviter que l’histoire ne se répète, l’Union africaine doit être par dévers sur la crise régionale, c’est à elle de déterminer et proposer des sorties de crises, elle doit être la seule interlocutrice des pays tiers sur le problème africain.

Au moment l’histoire africaine se joue au Mali, en Afrique de l’Ouest en général, le président sénégalais s’apprête à assumer la présidence de l’Union Africaine, c’est une occasion en or pour l’UA et la CEDEAO de résoudre de manière autonome et raisonnable la crise malienne pour l’avenir radieux de l’Afrique. J’ose croire, en ce sens, que le président Macky Sall vient de rétablir la fonction de premier ministre, qu’il avait lui-même supprimée il y a quelques années, au prétexte de vouloir se consacrer à la présidence de l’UA.

Mais il est quasiment impossible d’espérer sur le rôle que peut jouer l’UA quand on sait qu’une grande partie significative de son budget vient encore de bailleurs de fonds comme l’Union européenne (UE). Les faits précités pourraient faire croire que l’UA était vouée à l’échec. Ce serait une conclusion naïve et hâtive, car l’UA a accompli de grandes choses au cours de ces vingt  ans.

Guindo Issiaka, Doctorant à Paris 1.

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