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Bakary COULIBALY « Je suis fier du courage du premier ministre et du président de la république, par ce qu’il faut être courageux pour tenir tête à cette France-là aujourd’hui »

Bakary COULIBALY, 1er vice-président du parti FCD (Force Citoyenne et Démocratique), lors de l'interview avec Mali-Online.

Pour parler de la situation sociopolitique du Mali et de la tension diplomatique entre le Mali et la France, Mali-Online est parti à la rencontre de Bakary COULIBALY, 1er vice-président du parti FCD (Force Citoyenne et Démocratique), membre du M5-RFP.

Nous vous proposons l’intégralité de l’interview…

MALI-ONLINE : Quel est votre avis sur le processus de rectification de la trajectoire de la transition ?

Bakary COULIBALY : La rectification est en marche trois mois après la nomination de notre premier ministre qu’on a choisi entre nous au sein du comité stratégique du M5.La rectification étant en marche, vous savez beaucoup de choses se sont passées au cours de ces 3,4 derniers mois et la preuve est là. Sur le  front social nous avons pu quand même juguler pas mal de situations, l’UNTM est rentré dans le rang et d’autres syndicats et en plus nous sommes toujours en pourparlers avec les enseignants et vous avez vu les examens de cette année se sont passées dans les meilleurs conditions. Malgré quelques soubresauts les derniers résultats viennent de sortir, surtout ceux  du bac et nous avons eu en dix ans le meilleur taux, 38,78 %.

MO : Comment avez-vous trouvé le discours du premier ministre à la tribune des nations unies ?

BC : Cette intervention du premier ministre CHOQUEL MAIGA est historique, dans l’histoire du MALI c’est la première fois qu’un premier ministre ait le courage d’aller exposer les problèmes des Maliens au niveau des nations unies à NEW YORK. Tout bon malien est d’avis de cette déclaration de CHOGUEL,  je ne dirai pas un réquisitoire mais c’est un état de fait au MALI aujourd’hui et un rappel historique quand nous avons invité la France à nous aider à combattre les terroristes, les militaires maliens qui étaient sur le terrain avaient besoin tout simplement de l’appui aérien et nous nous sommes battus, les FAMA ont pu récupérer tout le nord. Au moment d’entrer à KIDAL il y’a eu trahison, la France dit non vous vous restez là on va prendre  les armées des autres pays de la sous-région. On a empêché les militaires malien d’entrer à KIDAL, ça c’est l’épine dorsale des problèmes qui ont commencé à partir de là et c’est ce que CHOGUEL a exposé au niveau des nations unies.

MO : Que répondez-vous aux propos des autorités françaises par rapport aux discours de CHOGUEL ?

BC : Oui la France peut dire ce qu’elle veut mais le MALI aujourd’hui comme on dit seul le silence est grand tout le reste est faiblesse. Nous avons un plan c’est  aider ce pays à sortir  de cette situation, le chien aboie la caravane passe. C’est la dignité du MALI qui est retrouvée, je vais vous dire quelque chose c’est pas une question de puissance ou autre chose quand on a la foi, quand on a le courage d’atteindre un objectif quel qu’en soit les obstacles on va atteindre cet objectif-là. D’ailleurs le Mali ne vit pas en autarcie, nous sommes un état souverain on a le droit de coopérer avec n’importe quelle puissance qu’on veut aujourd’hui. Et la France d’ailleurs a décidé de quitter le Mali de façon unilatérale malgré l’accord de défense qui existe entre nous et ça c‘est une insulte au peuple malien et il fallait trouver d’autres voies, d’autres alternatives à cette situation. Le binôme sacré et puissant ASSIMI GOITA – CHOQUEL MAIGA étant là, cela ne fait que nous redonner notre dignité. Je suis fier du courage du premier ministre et du président de la république, par ce qu’il faut être courageux pour tenir tête à cette France-là aujourd’hui. Aucun pays de la sous-région francophone ne peut le faire, aucun chef d’état et nous, nous avons décidé de prendre nos destins en main. Comme certains de mes collègues l’ont dit, on va souffrir, mais on va même pas souffrir d’ailleurs la liberté n’a même pas de prix. S’il faut manger des foins on le fera mais notre liberté est sacrée.

MO : L’opération barkhane a- t-elle échoué selon vous ?

BC : Absolument, sans hésitation, après 8 ans d’intervention au Mali. D’ailleurs avant que l’opération serval ne commence le Mali contrôlait au moins 80,85% de son territoire mais après l’opération serval, l’opération barkhane, on est en train de créer d’autre opération appelé takouba qui va s’occuper des autres pays de la sous-région. Mais l’échec est patent, aujourd’hui le Mali a perdu presque 85% ou 90% de son territoire. Avant l’opération serval les terroristes étaient à KIDAL seulement mais 8ans après les terroristes sont au bord de SEGOU.

MO: La solution du Mali passe -t-elle par la France la Russie ? ou par la France et la Russie ?

BC : La solution passe, je ne dirai pas par la France ou la Russie mais on a le droit de coopérer avec qui on veut. Le Mali est un état souverain indépendant, aujourd’hui comme la question est d’actualité par ce qu’on dit qu’on a signé ou qu’on a l’intention de traiter avec d’autres partenaires. Que ce soit la Russe, l’Amérique ou autres, notre objectif c’est de libérer le Mali. Et s’il faut passer par une coopération militaire avec la Russie tant mieux et c’est ce qui va se passer d’ailleurs. J’étais ravis, j’ai pleuré il y’a quelques jours quand je regardais en direct à la télévision les 4 hélicoptères sur le tarmac de l’aéroport international MODIBO KEITA, ça veut dire que quelque part le réveil est là.

MO: Qu’avez-vous à dire aux autres forces politiques qui exigent le respect du calendrier électoral ?

BC : A mon avis, parler des élections dans le contexte actuel c’est être apatride ! Vous allez faire les élections comment ? 90% du territoire vous échappent mais je comprends les ambitions des uns et des autres, si le Mali ne se limitait qu’au salon de certains de ces opposants aujourd’hui on allait faire les élections. Et c’est pour reprendre les mêmes choses, les mêmes causes produisant les mêmes effets, dans les mêmes conditions. Nous tomberons dans les mêmes pièges encore et c’est toujours un éternel recommencement. La transition est légitime, je dis bien légitime par ce qu’on s’est battus, il y’avait une mal gouvernance qui était là c’est le peuple qui s’est levé pour imposer cette transition. La transition a ce pouvoir divin de changer actuellement le cours de l’histoire, en mettant en place la refondation. Une refonte totale du système démocratique du Mali et c’est ce qui va se passer par la mise en place de l’organe unique de gestion des élections, c’est indispensable la prolongation de la transition.

MO : Le mot de la fin…

BC : Je lance un appel à l’ensemble de la classe politique malienne, il faut qu’on aille à l’essentiel, qu’ont mette nos divisions internes de côté et qu’on regarde dans la même direction. L’essentiel c’est quoi, c’est de libérer ce pays-là. Le mali est un empire d’antan très puissant, de SOUNDJATA KEITA à maintenant en passant par MODIBO KEITA, le Mali a toujours eu des hommes valables, des hommes courageux. Revenons à l’essentiel, que mes collègues, mes frères de la classe politique qu’ils soient de l’opposition ou d’autres camps, qu’on se donne la main. Comme disent les Americans UNITED WE STAND, DIVIDED WE FALL. Quand on est unis on peut soulever une montagne mais quand on est divisés c’est fini nous tombons tous.

Propos recueillis par SACKO Madi

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