Mali-Online
Politique

Barkhane au centre des débats hier au Senat français : le corolaire des mouvements anti-français ?

L’opération «Barkhane», lancée en 2014 par la France après les missions «Serval » et «Épervie », soit 5 100 effectifs concentrés dans la partie orientale du Mali. © D. Benoit/AFP

Les sénateurs ont débattu hier mardi 09 février en séance publique, ce,  suite à la demande de la commission des affaires étrangères et de la défense de la haute Assemblée. Les débats portaient sur la très controversée force Barkhane, une opération qui mobilise 5 100 hommes. La question qui taraude l’esprit de plus d’un est le « timing » quand on sait qu’un mouvement de contestation de la présence militaire française au Mali venait d’être réprimé ce 20 janvier.  

Pour rappel, depuis l’activation de l’opération Serval en 2013 jusqu’à nos jours avec la force Barkhane, 50 soldats ont péri. Pour les sénateurs, il est donc plus que temps de s’interroger sur l’opération alors que les groupes terroristes continuent de déstabiliser le sahel.

Notons que la chambre haute, à majorité de droite, a demandé depuis plus d’un la tenue d’un tel débat. Le gouvernement y a répondu favorablement et a décidé d’envoyer non seulement Florence Parly , la ministre des Armées , mais aussi Jean-Yves Le Drian, le patron du Quai d’Orsay, pour défendre sa stratégie au Sahel. Une stratégie très largement mise en cause par le groupe Les républicains. 

« Le statu quo qu’il y ait un peu plus de soldats ou un peu moins, ce n’est pas la solution », explique le président du groupe, Bruno Retailleau. « Je pense qu’il y a une redéfinition et nous esquissons un certain nombre de pistes et c’est le gouvernement qui devra ensuite, évidemment, avec le chef de l’État, trancher », a-t-il ajouté. 

Pour la droite le retrait des troupes françaises engagées au sahel n’est pas à l’ordre du jour. Cette ligne est aussi celle du parti socialiste. Seuls les sénateurs communistes appellent aujourd’hui à un départ des soldats de la BARKAHNE, à l’image de Pierre Laurent. « La situation du Mali est aujourd’hui tellement déstabilisée, qu’il ne faut pas ajouter du chaos au chaos actuel. Il faut donc négocier un agenda de coopération avec les pays puis organiser le retrait progressif de nos troupes ».

Cette position semble être celle des députés de la France insoumise. « La question de retrait doit être posée », a estimé en décembre Eric Coquerel.

Faut-il le signaler, sur l’avenir des opérations dans le sahel sans la force Barkhane, Florence Parly, a dit ceci « C’est l’occasion de démontrer l’évolution des capacités des armées sahéliennes. Les deux opérations (bourrasque et éclipse) qui ont fait participer 3000 soldats dont 1000 soldats français et près de 2000 éléments des forces partenaires ont produit des résultats probants avec la neutralisation de nombreux éléments djihadistes, la saisine mais aussi la destruction d’un volume important de ressources logistiques »

« En perspective, il s’agit d’une stratégie de combat qui consiste à intégrer de plus en plus nos partenaires sahéliens à la force Barkhane ou Takuba. Les sahéliens se renforcent et contestent le terrain aux groupes djihadistes. Il n’y aura pas un véritable résultat durable si par ailleurs, il n’y a pas une refonte, une restructuration des armées de ces pays », a telle affirmé. Et d’ajouter que « le Mali et le Niger s’apprêtent à recruter massivement pour pouvoir régénérer les forces existantes. Il s’agit de professionnaliser ces armées et c’est en cela que nous allons nous employer », a-t-il rassuré.

Enfin, au regard de la tournure que prennent les choses, l’on serait tenté de se demander si les récents mouvements demandant le départ des soldats français ne contribueront  à faire bouger les lignes et revoir cette coopération qui à l’état semble décriée et par certains français et par bon nombre de  maliens. 

KAMANA/Mali-Online

Vous pourrez également être intéressés par

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez. Accepter Lire plus