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Burkina: remaniement gouvernemental, les ministres de la Défense et de la Sécurité limogés

Le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré . © Sophie Garcia / Hans Lucas via AFP

Le président Roch Marc Christian Kaboré procède à un réaménagement de son équipe. Chérif Sy qui était jusque-là le ministre de la Défense quitte le gouvernement, ainsi que Ousseini Compaoré, le ministre de la Sécurité. Ils font les frais des dernières attaques à Solhan et contre une équipe de la police nationale le 21 juin dernier. Les populations avaient exprimé leur colère face à la recrudescence et la violence des attaques attribuées aux groupes jihadistes.

Avec notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani

Dimanche dernier 27 juin, au cours d’une adresse à la nation, Roch Marc Christian Kaboré avait promis des mesures pour faire face aux attaques attribuées aux groupes jihadistes. Ce mercredi, il a donc remanié une partie de son gouvernement et démis de leurs fonctions, Ousséni Compaoré, ministre de la Sécurité, ainsi que Chérif Sy, ministre de la Défense depuis 2019.

Dans la nouvelle équipe, le président prend lui-même le portefeuille de la Défense et des anciens combattants. Ce n’est pas la première fois que le président du Burkina assume cette charge. Il l’avait déjà fait durant quelques mois en 2015. Il nomme à ses côtés le colonel major Barthelemy Simporé, comme ministre délégué, chargé de la Défense et des anciens combattants. Avant cette nomination, il dirigeait le Centre national d’études stratégiques du Burkina Faso.

Dysfonctionnements dans la politique sécuritaire

Maxime Koné devient ministre de la Sécurité et désormais, c’est Clarisse Mérindol, née Ouoba, qui reprend son poste au ministère des Burkinabè de l’extérieur et de l’intégration africaine.

Sur Twitter, le président explique que ce remaniement doit « donner un nouveau souffle à l’engagement du gouvernement face aux défis majeurs de la Nation ». Il demande « le soutien de l’ensemble des fils et des filles du Burkina Faso ».

Ce jeudi matin à l’issue d’une réunion de cabinet, le premier ministre, Christophe Dabiré a expliqué que l’attaque de Solhan avait servi de détonateur, car elle avait mis en évidence des dysfonctionnements dans la politique sécuritaire du pays. Le chef de l’État s’est donc donné comme objectif de réorganiser l’ensemble des structures chargées de la défense et de la sécurité.

Pression populaire

Ce remaniement intervient suite à une pression populaire. En fin de semaine dernière, des milliers de personnes étaient descendues dans les rues à Kaya et à Titao pour crier leur ras-le-bol- face l’insécurité.

Les partis de l’opposition ont suspendu leur participation à un dialogue politique et projettent des marches dans tout le pays samedi et dimanche prochain pour dénoncer « l’incapacité du gouvernement » à faire face aux attaques. « Plus qu’un changement de personne, ce que nous attendons, ce sont les mesures fortes promises et ces mesures ne doivent pas attendre, car le peuple est fatigué », souligne Guy Hervé Kam, coordonnateur du mouvement Sens.

RFI

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