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Crise alimentaire mondiale-période de soudure au Mali : United For Mali tire la sonnette d’alarme

Dans un communiqué publié la semaine dernière, l’association United For Mali-« Anw bée bè Mali fee » tire la sonnette d’alarme sur la crise alimentaire mondiale provoquée par la guerre en Ukraine, qui coïncide avec la période de soudure au Mali. Elle appelle à mettre l’accent sur les réponses d’urgence, de résilience et de relance agricole et pastorale dans notre pays.

« La crise russo-ukrainienne, qui a éclaté il y a de cela trois mois, a provoqué une secousse mondiale. Les deux grands pays sont tous les deux d’importants producteurs de blé, de maïs et d’orge, tandis que la Russie et la Biélorussie produisent une grande partie des engrais du monde. Les prix de ces biens avaient déjà suivi une tendance à la hausse en raison de l’inflation mondiale et des pénuries causées par la Covid-19, ainsi qu’une pénurie d’essence et de gasoil. Désormais, l’effet domino s’attaque aux greniers du monde », peut-on lire dans le communiqué.

Selon United For Mali, citant Global Network Against Food Crises, une alliance d’agences humanitaires et de développement, le risque d’une « crise alimentaire mondiale, qui plongera près de 18 millions d’hommes de femmes et d’enfant en Afrique, est désormais latent et inévitable ».

United For Mali rappelle que le Mali dépend à plus de 50 % des importations de blé de Russie pour sa consommation (WFP étude de mars 2022). « C’est 4 millions de personnes qui sont menacées par l’insécurité alimentaire, notamment en ce moment de la période de soudure, où entre les mois de mai et septembre, les réserves de nourriture sont généralement épuisées et avec un pic de mortalité du bétail (juin-juillet) », s’inquiète-t-elle.
L’association humanitaire indique que l’insuffisance des pluies et l’insécurité perturbent la production agropastorale dans les zones des lacs et mares de Kayes, Tombouctou, Mopti et Gao. Elle affirme que la hausse inhabituelle des prix des céréales couplée aux risques de conflit affectent négativement l’environnement économique et la baisse du revenu et continuent d’amoindrir les capacités d’accès des ménages fragiles aux denrées alimentaires.
Pour United For Mali, les pressions budgétaires ont également un impact sur le financement du plan national de réponse (PNR), qui est la principale réponse du Mali pour soutenir les ménages des zones les plus affectés par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. « Du côté étatique, le PNR prévoit que l’Etat assure la distribution de 64 000 tonnes d’aliments à plus de 1,8 million de personnes vulnérables et renforce la résilience de 2,8 millions de personnes à travers la distribution de près de 5000 tonnes d’aliments bétail. Cependant, cette réponse risque d’être amputée de la moitié du fait des sanctions de la Cédéao et à la suspension de l’aide publique des principaux bailleurs de développement (Cadre harmonisé) », prévient-elle.
Et de conseiller : pour rompre avec la spirale de la crise alimentaire, il est crucial de mettre l’accent sur les réponses d’urgences, de résilience et de relance agricole et pastorale dès maintenant en préparation de la saison agricole de juin jusqu’aux récoltes d’octobre 2022.
« De plus, il est désormais plus qu’important pour le Mali de développer des politiques de diversification agricoles comme dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, en misant sur les protéines alternatives telles que le niébé ou la spiruline, dont la culture sera par ailleurs, génératrice d’une nouvelle économie et génératrice d’emplois », ajoute United For Mali.

Source: L’ Indicateur du Renouveau

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