Mali-Online
Politique

Crise sociopolitique au Mali: les recommandations de la mission de bons offices de la CEDEAO à mettre en œuvre d’ici le 31 juillet 2020

Point de presse de la délégation de la CEDEAO en fin de séjour au Mali, dimanche 19 juillet 2020

Sous la houlette de son Excellence Goodluck Jonathan, la délégation de la CEDEAO en fin de séjour au Mali, était face aux hommes de médias ce dimanche 19 juillet 2020. L’objectif de cette conférence de presse  était de lever le voile sur les recommandations faites par la mission de bons offices dépêchée au Mali pour résoudre la crise sociopolitique que le pays traverse. 

Outre Goodluck Jonatahan, étaient au présidium SEM Jean-claude kassi Brou, président en exercice de la commission de la CEDEAO ; SEM Kalla Ankourao, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur de la République du Niger, non moins Président du conseil des ministres de la CEDEAO. S’y ajoutent le Général Francis Behanzin, commissaire aux affaires politiques, paix et sécurité de la CEDEAO.  

Pour Goodluck Jonathan, chef de la mission de la mission de bons offices, ce séjour au Mali a été très mouvementé avec des rencontres de toutes les parties concernées par la crise sociopolitique du pays. Selon l’ancien président de la République fédérale du Nigeria, il ressort de ces rencontres que les problèmes de la crise sociopolitique actuelle du Mali s’articulent autour des questions de gouvernance ainsi que la reconstitution de la Cour Constitutionnelle âpres l’abrogation du décret de nomination de ses membres, la résolution du litige concernant les 31 sièges contestés au parlement. Auxquels s’ajoutent la formation d’un gouvernement d’union nationale et les préoccupations liées aux événements tragiques des 10, 11 et 12 juillet 2020. 

Rencontre entre la mission de bons offices de la CEDEAO et le M5-RFP, jeudi 16 juillet 2020

Ainsi, la délégation selon Son Excellence Goodluck Jonathan en ce qui concerne la reconstitution de la Gour constitutionnelle, en attendant le règlement des différends sur les élections législatives, que la présidence de la république et le Conseil Supérieur de la magistrature nomment chacun des trois (3) membres de la Cour Constitutionnelle. “ Les nominations relevant du Président de la République se feront sur une base consensuelle en associant toutes les parties prenantes, en conformité avec l’article 91 de la Constitution de la République du Mali de 1992. Les six autres membres de la cour nommés satisferont ainsi l’exigence du quorum. La Cour ainsi reconstituée devra délibérer et réexaminer les résultats des élections législatives concernant les trente et un (31) députés en question”, déclare la délégation.

Rencontre entre la mission de bons offices de la CEDEAO et le premier ministre Dr Boubou Cissé, jeudi 16 juillet 2020

Et de poursuivre qu’après la résolution du litige sur les 31 sièges de l’assemblée Nationale par la Cour constitutionnelle, l’Assemblée nationale reconstituée pourra, sur une base consensuelle, nommer ses trois (3) membres pour compléter la formation de la Cour Constitutionnelle.

Par ailleurs, Son Excellence au nom de la mission, a évoqué la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, sur la base du consensus et tenant compte des recommandations du Dialogue National Inclusif. La délégation propose à ce que cinquante pour cent (50%) des membres du gouvernement proviendront de la coalition au pouvoir ; trente pour cent (30%) proviendront de l’opposition ; et vingt pour cent (20%) proviendront de la société civile. “ La mise en œuvre des mesures ci-dessus devrait être effective au plus tard le 31 juillet 2020”.

Répondant à la question relative à la démission du président de la République, Goodluck Jonathan pense cette option n’est pas possible. Car elle va à l’encontre des lois et textes de la CEDEAO. Toutefois, il s’est aussi prononcé sur la question d’un gouvernement intérimaire. A cet effet, il dira que cette proposition est aussi inacceptable. “Un gouvernement intérimaire est une pure distraction qui ramène plutôt le Mali en arrière. Car la gouvernance serait effondrée. Un gouvernement intérimaire ne construit pas de services sociaux de base, il s’occupe seulement de la sécurité’’, a déclaré Goodluck Jonathan avant de proposer un gouvernement d’union nationale qui pourra prendre en compte les aspirations du people malien. 

Adama Coulibaly

Vous pourrez également être intéressés par

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez. Accepter Lire plus