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Dr Choguel K. Maïga : « Nous ne voulons pas une rupture de la transition, mais une transition de rupture »

Dr Choguel Kokal Maïga, membre du M5-RFP lors d’une réunion du comité stratégique en décembre 2020.

Le mouvement du 5 juin Rassemblement des Forces patriotiques M5 RFP sort de nouveau ses griffes. C’est à la suite d’une réunion du comité stratégique avec les associations et signataires que son porte-parole Choguel Kokala Maïga a levé le voile sur la nouvelle ligne de conduite.

Le M5 RFP n’est pas mort ! Après l’adoption de la charte de transition qui a provoqué son implosion, et la rupture, en croire certains observateurs, avec l’iman Dicko, son autorité morale et la CMAS. On aurait cru que le mouvement du 5 juin avait succombé. Pourtant, il semble que le mouvement qui a tenu tête à l’ancien régime, avait pris du recul pour mieux sauter. « Le M5 va prendre un nouvel élan, une nouvelle énergie, la preuve c’est qu’il y a beaucoup d’adhérents qui se sont annoncés et qui continuent de s’annoncer. Les maliens ne se sont pas battus en réalité contre un homme, mais pour un changement et le sentiment général est qu’on n’est pas sur la voie du changement. » furent les mots d’introductions de Dr Choguel K Maïga à la sortie d’une réunion avec les parties signataires du mouvement. 

De toute évidence, le déroulement de la transition n’est pas du gout du M5 et s’accommode très mal avec le changement, selon le comité stratégique du M5. « Nous ne voulons pas une rupture de la transition mais une transition de rupture » a souligné le docteur Maïga. Si l’on en croit à ce dernier, le changement n’est toujours pas effectif au Mali, pour lui c’est juste la forme qui a changé, mais dans le fond c’est toujours le même personnel de l’ancien régime qui continue de tirer les ficelles en catimini et souvent au su et au vu de tout le monde. Pour preuve, poursuit-il, tant que les dossiers sur les équipements militaires, les massacres du nord et du centre ne sont ouverts, on ne peut pas vraiment parler de changement. De plus, dans l’application de l’accord d’Alger, le comité stratégique du M5 évoque quatre points qui ne sont pas négociables à leurs yeux. Premièrement l’unité nationale, en second lieu l’intégrité du territoire, ensuite la souveraineté du Mali sur l’ensemble du territoire national, pour finir, la forme républicaine et laïque de l’État.

En outre, le mouvement du 05 juin attend des autorités de la transition des réformes institutionnelles comme la révision constitutionnelle et la loi électorale qui doivent être le leitmotiv de la transition car c’est cela la seule voie du changement. « Si les autorités nous prouvent qu’ils sont sur cette voie, nous leur aiderons à suivre ce chemin, dans le contraire le peuple assumera sa révolte » assure le porte-parole du comité stratégique. 

Le décret portant sur la nomination des membres du CNT a t -il jeté de l’huile sur le feu ? 

Dès le lendemain de la désignation des membres du CNT, le mouvement du 5 juin a montré son mécontentement. Il déplore une violation de la charte de transition, les décrets instituant la composition, la clé de répartition des membres du conseil national et de la transition et même la constitution du Mali   par les autorités. En effet le comité stratégique du mouvement avait initié d’attaquer le décret devant les juridictions compétentes. « La décision de l’examen de la plainte sera prise en concertation avec nos avocats et nous aviserons de ce que nous allons faire dans la forme et dans le fond, c’est une décision du comité stratégique qui n’est pas encore finalisé. » déclare Choguel K Maïga.

Abdoulaye Konimba KONATE

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