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[Édito] CEDEAO-MALI : je t’aime, moi non plus !

Une pancarte des manifestants maliens sur laquelle ils adressent un message à la CEDEAO.

Dimanche 15 octobre, le président ghanéen Nana Akufo-Addo, président en exercice de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO a effectué une visite de travail de 24 h au Mali où il fut accueilli par le Colonel Assimi Goita président de la transition du Mali.

En marge de la visite, il était accompagné par Goodluck Jonathan, médiateur de la CEDEAO pour le Mali.
Selon la page officielle de la présidence de la République du Mali, la visite fut marquée par un tête-à-tête des deux chefs d’État à koulouba sur le processus de transition notamment le respect de la durée de la Transition, mais aussi l’organisation des élections à l’échéance prévue qui semble être partagé par certaines organisations sous régionales, ou encore européennes dont bon nombre de Maliens et maliennes s’opposent compte tenu de la situation sécuritaire du pays et souhaiteraient à ce que la transition soit prolongée.

Mais pourquoi une telle exigence de la CEDEAO ?

L’exigence de la CEDEAO s’explique par des principes, elle assume une responsabilité de principe raison pour laquelle elle ne peut pas sortir en dehors de ça.
Longtemps reproché à la CEDEAO d’être moins exigeant ou moins sévère envers le Mali, la CEDEAO pour ne pas cautionner d’autres actes se doit d’être de plus en plus exigeant, ferme envers les autorités de la transition Malienne par rapport au respect de la durée de la transition, mais aussi à l’organisation des élections.
Il est à rappeler qu’une telle posture adoptée par la CEDEAO n’est pas nouvelle. Elle a eu à exiger en 2008 à la Guinée-Bissau qui venait à subir son 3e coup d’État une période de transition d’un (1) an censé aboutir à de nouvelles élections.
À la différence du Mali, la CEDEAO a déployé un contingent en Guinée-Bissau  pour fournir une assistance en matière de réforme du secteur de la sécurité, la transition guinéenne fut soutenue par elle (CEDEAO) pour faciliter le retrait de la mission angolaise.

Face à une telle posture de la CEDEAO, quelles attitudes doivent adopter les autorités de la transition maliennes dans l’optique d’une prolongation ?

Devant une telle posture, il incombe aux Maliens de prendre leur responsabilité surtout le président de la transition et son Premier ministre, compte tenu de la crise multidimensionnelle que traverse notre pays, de prendre une décision face à l’histoire du Mali. Savoir ce qui est bon pour le pays et qui doit s’ensuivre avec des résultats, c’est à travers ces résultats que le peuple va les soutenir.
Mais il faut noter, prendre une telle décision risquerait l’isolement du Mali ce qui n’est pas en notre faveur.
Le Mali doit diversifier ses rapports notamment par le jeu diplomatique.

Ce jeu diplomatique va consister à faire quoi ?


Ce jeu diplomatique consistera à chercher des compromis, beaucoup de Maliens et maliennes pensent que devant une telle exigence de la CEDEAO, le Mali doit prendre une décision radicale, c’est-à-dire envisager un retrait ou démission de la CEDEAO sauf qu’elle ne peut être envisagée dans le sens ou la diplomatie malienne échoue complètement.
Aujourd’hui, le Mali doit privilégier le règlement à l’amiable des choses et pour cela le Mali se doit de faire une proposition. 

La souveraineté d’un État se mesure à partir du moment où elle s’est engagée sur le plan international.
À l’époque moderne la souveraineté, c’est de pouvoir respecter les règles du droit international. Quand un État s’engage, il crée un effet juridique, donc si le Mali à chaque fois revient sur ses engagements internationaux cela mettra en cause sa crédibilité.
La transition actuelle avant de prendre d’autres engagements devra songer à l’élaboration d’une charte de vision qui permet de s’étaler sur le long terme, et de donner l’assurance, le gage nécessaire pour ne plus revenir sur ses engagements.
Quant aux assises de la refondation , bon nombre de Maliens pensent qu’elle permettra justement de poser les jalons d’une nouvelle vision, du Mali nouveau (MALI KURA).

À l’heure actuelle, les autorités, particulièrement la hiérarchie militaire, doivent prendre le taureau par les cornes en élaborant des stratégies militaires.
On ne peut pas s’attendre qu’à chaque fois qu’il ait une attaque pour  riposter ou déjouer une attaque aujourd’hui, il s’agit de mener des attaques offensives pour prendre possession des territoires.

Certes, la transition bouge dans tous les sens sur le plan diplomatique, sanitaire, agricole, judiciaire mais tant que la bataille sécuritaire n’est pas gagnée rien n’est encore fait.

AMAIGUERE RENE SAGARA, Juriste et Étudiant à l’institut supérieur de Droit.

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