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[Édito] Mali: À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle…

Le colonel Assimi GOÏTA, président de la transition, chef de l'état (image d'illustration)

Près d’une décennie de guerre et de l’insécurité dues au terrorisme, jusqu’à présent l’Etat ne s’est jamais doté des mesures idoines d’une part, pour maîtriser la crise, d’autre part, pour mettre à terme l’insécurité et le massacre de citoyens.Ainsi, nous pouvons sans ambage dire qu’il n’existe pas quasiment aujourd’hui une autorité étatique au Mali, mais plutôt une structure de pouvoir.

Face à une telle situation, l’heure n’est plus de gouverner comme on le ferait dans une situation normale, l’urgence est impose une gouvernance exceptionnelle avec des règles exceptionnelles.
Pour ce faire, il est fort indispensable de déclarer un état de siège au Mali, qui permettra à l’autorité militaire de se substituer à l’autorité civile et police dans l’exercice des pouvoirs de maintien de l’ordre. L’autorité militaire a le droit de proclamer un couvre-feu, de sécuriser les voies routières et les foires (Marché du village), de faire des perquisitions de jour et de nuit au domicile des citoyens, de suspendre certaines libertés individuelles ( à l’exception des droits et libertés intangibles).

Aussitôt l’état de siège décrété, les pouvoirs dont l’autorité civile était investie pour le maintien de l’ordre et la police sont transférés à l’autorité militaire. Cependant, l’autorité civile continue à exercer ses autres attributions.
Ce régime exceptionnel cesse de plein droit à l’instauration de la paix. Presque tous les pays l’ont décrété à un moment sombre de leur histoire, à titre d’illustration, la France durant la guerre d’Algérie. Pendant cinq ans, de 1965 à 1970, le Maroc a connu un état d’exception. La plupart des pays arabes l’ont décrété pour faire face une menace contre leur existence.

En plus, la constitution malienne a prévu une telle disposition dans son Article 50 « Lorsque les Institutions de la République, l’indépendance de la Nation l’intégrité du territoire national, l’exécution de ses engagements internationaux sont menacés d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exceptionnelles exigées par ces circonstances après consultation du Premier Ministre, des Présidents de l’Assemblée Nationale et du Haut Conseil des Collectivités ainsi que de la Cour Constitutionnelle. Il en informe la Nation par un message.»

Une telle disposition n’a pas été incluse pour embellir la constitution, loin s’en faut, il s’agissait de prévoir une situation abstraite, qui est aujourd’hui une réalité au Mali. En outre, sous réserve de quelques conditions, les traités internationaux ratifiés par le Mali ne font pas obstacle à une telle mesure.Cette mesure permettra à l’Etat d’être plus efficace face aux terroristes, en déployant les militaires sur toute l’étendue du territoire pour instaurer l’ordre.

Par ailleurs, aucune armée régulière ne peut venir à bout face au terrorisme, il est essentiel que l’armée malienne adopte une stratégie asymétrique ( c’est-à-dire on ne peut opposer une armée symétrique et régulière à des groupes armés guérira et profondément asymétriques, ces derniers triompheront toujours).

La dernière solution réside en effet qu’il est grand temps que les ex rebelles (CMA) soient engagés à lutter contre les terroristes, ils ne peuvent pas simplement et seulement s’asseoir avec des armes lourdes à attendre l’application de l’accord d’Alger, car l’existence de l’Etat malien au sens moderne de terme reste à démontrer.

Guindo Issiaka, Étudiant.

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