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[Édito] Sommet Afrique-France : La nouvelle soft power !

Emmanuel Macron au sommet Afrique - France (AFP/Ludovic Marin)

Longtemps décrié en Afrique, le sommet France Afrique,Vendredi 8 octobre s’est tenu le 28e sommet Afrique France, on nous parle de nouveauté avec la terminologie officielle sommet Afrique France.

Cette terminologie est censée marque le changement et la perception des rapports entre la France et l’Afrique. Pour sortir du classique sommet entre chefs d’État depuis 1973, la nouveauté de ce sommet repose sur l’absence des présidents africains, mais aussi l’échange avec et entre les sociétés civiles africaines et françaises et de la diaspora.

La nouveauté de ce sommet est mise en avant par l’expression « nouveau sommet » mais de quelle nouveauté parle-t-on ? N’est-ce pas une nouveauté de forme ? Mais au fond quand n’est-il réellement ? Est-ce une vraie rupture de la part d’Emmanuel Macron ?

Comme ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy, François Hollande, avant eux François Mitterrand Emmanuel Macron veut incarner la rupture montrer une nouvelle ère par sa méthode en s’adressant directement aux sociétés civiles et à la diaspora à sept mois d’une élection présidentielle française à l’issue incertaine.

Pourquoi un tel sommet à ce moment et pourquoi ce changement ? Pour qui connaît Macron par ses agissements et ses prises de position.

Ces agissements s’inscrivent dans une éventuelle campagne électorale la preuve en 2017 lors de son déplacement en Algérie, le président Macron sur la guerre d’Algérie (1954-1962) avait qualifié la colonisation de crime contre l’humanité, mais aujourd’hui ce même Emmanuel Macron n’hésite pas à critiquer l’Algérie.

En effet face à des adversaires politiques comme Marie Lepen et Éric Zemmour qui grimpent dans les sondages en mettant en avant l’immigration, le président Macron se doit de réagir d’où pour lui de prendre une décision de sanction en réduisant de 50 % les visas accordés à l’Algérie le Maroc et la Tunisie.

De plus, les propos paternalistes tenus par le président français ainsi que certains membres de son gouvernement envers les autorités maliennes doivent nous faire réfléchir si réellement ce sommet n’est pas une mise en scène ou une France Afrique sous un autre angle.

Au regard des échanges, des questions entre les intervenants au cours ce sommet le président Macron semble justifier les prises de décisions et position de son pays tout en faisant ressortir la responsabilité des dirigeants africains.

Selon l’altermondialiste Aminata Dramane Traoré, « ce sommet est l’illustration parfaite de diviser pour mieux régner sous prétexte d’innover en associant les intellectuels, les forces vives, la diaspora, selon elle le président français veut avoir la jeunesse africaine avec lui dans une guerre contre l’Afrique, mais sans les chefs d’État jugés trop corrompus parfois même complices avec leurs ennemis »

Comment justifier une telle posture ou exercice du président français ?

Il s’agit en effet d’une nouvelle soft power de l’État Français. Force est de constater que Macron est le seul capable de faire ce type d’exercice, étant donné de son âge, sa capacité intellectuelle et son appartenance politique, ce dernier point en ce sens qu’il n’est pas issu de partis de droite et gauche français qui en sont responsables de la Francafrique (on se souvient d’ailleurs, les chefs africains finançaient des partis politiques français).

Il faut aussi mentionner que si Macron arrive à faire ce type de sommet, ça veut simplement dire que l’Afrique et ses chefs d’état n’assument pas leurs rôles, les autorités africaines construisent des murs entre elles et la société civile et le monde d’entreprise, Macron a vu là une aubaine, donc il construit des ponts entre la France et ces mondes, la nature a horreur du vide.

Ni Union Africaine, ni les organisations régionales (SADC, COMESA, CEDEAO, CEMAC, CEN-SAD, etc) n’ont eu une telle initiative, communiquer et dialoguer avec la société et les jeunes, écouter leurs frustrations pour aboutir à une gestion politique inclusive.

Au même moment que ce sommet se tenait, il y avait un autre sommet qui fait moins de bruits, c’est en Italie, L’Italie a organisé ce matin un sommet avec tous les ministres des affaires étrangères de L’Afrique. La conclusion est simple, l’Afrique ne se sent pas capable de voler tous seuls, ni de faire des initiatives entre ces pays.

On ne peut pas gouverner comme on le faisait dans les années 1970-2000, les jeunes sont nombreux et ils sont instruits et ils sont en besoin. Macron a compris, surtout la société a obligé la France de faire des réformes sur le Fcfa qu’elle ne voulait pas.

L’Afrique doit s’assumer, les autorités politiques en premier lieu.

AMAIGUERE RENE SAGARA, Juriste et Étudiant à l’institut supérieur de Droit à Paris 

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