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Flambée des cas de covid19 au Mali : l’Etat n’a-t-il pas été assez ferme ?

Le mercredi 30 décembre 2020, les autorités sanitaires maliennes ont enregistré 145 nouveaux cas de covid 19 pour un total de 269 décès. Ce boom de contamination qui selon les observateurs tire son origine de la gestion catastrophique du premier épisode de la maladie, nous incite à regarder les rétroviseurs sur la gestion de la première vague et de situer les responsabilités.    

L’accroissement des cas de corona virus au Mali, ces dernières semaines crée un sentiment d’inquiétude et de peur pour qui connait les dangers de cette pandémie. Toute chose qui provoque les grandes interrogations et taraudent les esprits : d’où vient cette hausse des cas ? n’est-elle pas une suite logique de la gestion de la première vague ?

Faut-il le rappeler, le 23 mars 20020 le pays enregistrait son premier cas de covid 19. Aussi tôt les autorités ont décrété des mesures restrictives de liberté, des mesures il le faut dire qui n’ont pas été totalement observées.

Cette inobservation des mesures restrictives s’explique par plusieurs facteurs. « La maladie a été banalisée par l’Etat au départ avec l’organisation des élections législatives. Donc la population a compris que l’État leur dit de rester à la maison, (couvre-feu et autres) alors qu’il organisait les élections qui regroupaient des milliers d’individus. C’est pourquoi les gens ne croyaient plus à la maladie, ils se disent peut-être que c’est un business pour les dirigeants de d se remplir leurs poches. A cela s’ajoute les intox qui tournent autour de la maladie » déplore l’artiste rappeur et activiste Master Soumi. Abordant dans le même, le rappeur Soumi pointe du doigt un « point sensible » que les autorités n’ont pas eu le courage de toucher à l’époque. Il s’agit de la fermeture des mosquées, des églises et les autres lieux de culte. Master Soumi estime que « les autorités ont peur de fermer les lieux de culte pour ne pas avoir les réligieux sur le dos, car les politiques s’appuient sur eux pour monter au pouvoir ».

En outre, d’autres facteurs viennent compléter le rang. Il y a eu beaucoup d’événements regroupant une masse importante de populations qui ont favorisé cette remontée des cas, selon le chef de la cellule de riposte contre le coronavirus Pr Akory Ag Iknane. « Je vais rappeler certains de ces mouvements qui sont par exemple le Maouloud où il y a eu un nombre d’individus extrêmement important et les mesures barrières n’étaient pas respectées, les gens ne portaient pas de masques et il n’y avait pas de dispositifs pour laver les mains. De surcroit les obsèques du feu président ATT, le pèlerinage de Kita ont aussi regroupé un nombre important d’individus sans aucun respect des mesures barrières » ajoute-t-il. 

A ce jour la maladie à coronavirus continue de faire ravages dans notre pays. De ce fait, les responsabilités étant décisives, il est nécessaire que chacun y joue sa part pour un intérêt commun. 

Abdoulaye Konimba KONATE

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