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France : Remaniement une équipe de combat… pour 2022

Le premier ministre français Jean Castex. AFP

Avec du retard sur l’agenda annoncé, une partie du gouvernement a été dévoilée ce lundi soir. Trente et un ministres, dont huit nouveaux. Commentaire de Stéphane Vernay, rédacteur en chef délégué à la rédaction Ouest-France de Paris.
Il y aura des surprises, avait prévenu l’Élysée. Il y en a, dans le gouvernement présenté peu après 19 h. Et pas là où on les attendait…

Le casting s’annonçait plus que complexe. Jeudi, Emmanuel Macron expliquait qu’il y aurait de nouveaux visages, de nouveaux talents et des personnalités venues d’horizons différents dans l’équipe chargée de suivre le nouveau chemin sur lequel il est résolu à engager le pays. On s’attendait donc à ce que l’attelage compte un nombre conséquent de ministres issus de la société civile. À une plus grande diversité. À une vraie parité hommes femmes entre les ministres. Et à une certaine ouverture politique, le Président ayant évoqué la constitution d’un gouvernement de rassemblement.

Des personnalités fortes étaient attendues. De droite. De gauche. Des écologistes. Le maintien des ministres les plus méritants ou les plus populaires dans le gouvernement précédent apparaissait comme une évidence, mais pas forcément aux mêmes postes. Et on pouvait penser que plus de place serait faite aux alliés de La République en marche après la déconvenue des municipales et la perte de la majorité absolue, par fragmentation du groupe, à l’Assemblée.

Même l’idée d’un gouvernement resserré, organisé autour d’une vingtaine de ministres et de ministres délégués, n’a pas été tenue. Première surprise : 31 noms ont été communiqués depuis le perron de l’Élysée hier. Deuxième (bonne) surprise : la parité est plus que respectée, avec 17 femmes contre 14 hommes annoncés et une égalité parfaite parmi les ministres de plein exercice.

Un coup de barre à droite

La troisième surprise (la principale) concerne le nombre de nouveaux visages dans l’équipe. Elle ne compte que huit nouveaux entrants. Dont trois seulement – Élisabeth Moreno à la diversité, Alain Griset aux PME et Maître Éric Dupond-Moretti comme garde des Sceaux – peuvent être considérés comme issus de la société civile. Les cinq autres font ou ont fait carrière en politique : Roselyne Bachelot a été ministre, Brigitte Klinkert est présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, Barbara Pompili, Nadia Hai et Brigitte Bourguignon sont députées LREM.

Les 22 autres ministres ou ministres délégués plus le porte-parole (Gabriel Attal) du nouveau gouvernement Castex étaient déjà membres du gouvernement Philippe. Dont une dizaine seulement change de périmètre. Gérald Darmanin passe de l’Action et des comptes publics à l’Intérieur. Annick Girardin des Outre-Mer à un nouveau ministère de la Mer, qui manquait. Julien Denormandie du Logement à l’Agriculture et à l’alimentation. Marlène Schiappa est nommée ministre déléguée à la citoyenneté, sous la houlette de l’Intérieur…

Parmi ceux qui ne bougent pas, Jean-Yves Le Drian remonte au premier rang dans l’ordre protocolaire. Et on constate que les deux ministères clés, de l’Agriculture et de la Transition écologique, changent encore une fois de ministres.

Où est la rupture au final ? Le nouveau chemin, ce n’est pas le tête-à-queue, disait le Président jeudi. Si les entrées d’Éric Dupond-Moretti à la Justice et de Roselyne Bachelot à la Culture attirent l’attention, ce gouvernement de combat est, en réalité, tout en continuité. Officiellement pensé pour affronter la crise économique et sociale qui vient, il est aussi un gouvernement de combat électoral, calibré pour conduire Emmanuel Macron à la victoire en 2022. Sans changement de cap par rapport à 2017. Mais avec un coup de barre à droite.

Source: ouest France

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