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«Je vis caché à l’intérieur du pays depuis dix jours» dixit Boubou Cissé

L'ancien Premier ministre malien Dr Boubou Cissé en juillet 2020 à Bamako.

Dans une interview au «Temps», l’ex-premier ministre malien Boubou Cissé, renversé par l’armée en août 2020, explique pourquoi il est en fuite. Les militaires l’accusent de vouloir déstabiliser la transition au sein d’un pays clef dans la lutte contre les djihadistes

Voilà plusieurs jours que Boubou Cissé se cache quelque part au Mali. Le premier ministre malien, renversé avec le président Ibrahim Boubacar Keïta lors du coup d’Etat du 18 août dernier, tente d’échapper à la Direction générale de la sécurité d’Etat (DGSE), les services de renseignement maliens, qui le traquent lui et plusieurs de ses proches avec des accusations de «complot contre le gouvernement, association de malfaiteurs et offense à la personne du chef de l’Etat», selon un communiqué du procureur de la République Mamoudou Kassogué.

Cinq prévenus visés par cette information judiciaire ont été arrêtés la veille de Noël, mais le sixième – Boubou Cissé – est jusqu’à présent «resté introuvable», affirme le procureur. Il a cependant répondu à nos questions.

Au téléphone, la voix de l’ancien premier ministre est chuchotante. «Désolé, je ne peux pas parler trop fort. Je suis à l’abri, mais je ne suis pas à l’aise.» Le souffle est court, comme saccadé par cette harassante partie de cache-cache. «Ma maison a été visitée par des agents de la sécurité d’Etat le 24 décembre, alors que j’étais sorti faire une course. Ils ont violenté mes employés pour qu’ils disent où j’étais. Mais lorsque mon avocat a contacté la sécurité d’Etat pour demander si on me recherchait, on lui a dit que non. J’ai donc pensé qu’on essayait d’attenter à ma vie. C’est pourquoi je vis caché à l’intérieur du pays depuis dix jours.»

Accusé de «perturber la transition»

A Bamako, tout le monde parle désormais de ce «coup contre le coup» que le chef de l’ancien gouvernement aurait fomenté contre le nouveau pouvoir dominé par l’armée. Selon le procès-verbal d’enquête préliminaire consulté par Le Temps, les enquêteurs du service d’investigation judiciaire de la gendarmerie ont découvert «que l’ancien premier ministre Boubou Cissé et certains cadres du cercle restreint de l’Etat travailleraient en bonne intelligence dans le but d’entretenir un climat de tension sociale, en vue de perturber la transition, rendant ainsi aléatoire tout projet de stabilité et de développement».

Source : journal le temps suisse

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