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La CMA gracie 21 détenus de la prison de Kidal: Des coordinations ont désormais le pouvoir de faire libérer des prisonniers ?

Bilal Ag Acherif, représentant du MNLA, lors de la cérémonie de clôture des négociations inter-maliennes à Alger, le 1er mars 2015. AFP/ Farouk Batiche

La CMA, ce groupe signataire de l’accord de paix continue à prendre des ailes et des libertés dans la gestion et sur le plan  administration de la ville de Kidal. Après avoir posé plusieurs actes dans la ville, dont l’avant dernier acte était l’aménagement  de nouveaux sites d’orpaillages dans la région. A la grande surprise de tous, le 22 mai 2020, dans un communiqué de cette même CMA, 21 détenus de la maison d’arrêt de Kidal seront bientôt  graciés. Pourtant nous savons tous que c’est seulement le président de la république qui a le droit de gracier des prisonniers dans un pays. Que se passe-t-il réellement ? Que nous cache-t-on ?   

L’Etat  de l’Azawad est en train de se confirmer comme le disent certains, vue les  actes que posent les responsables de la  Coordination des mouvements de l’Azawad(CMA). Il faut savoir que le Mouvement national de libération de l’Azawad est une organisation politique et militaire,  dans son objectif premier  depuis  des années, demeure  l’indépendance du territoire de l’Azawad. Créé en 2011, c’est l’un des principaux groupes armés impliqués dans la guerre du Mali. Plusieurs mouvements se sont créés  par la suite. Aujourd’hui l’ensemble de tous ces mouvements sont réunis  au sein de la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad) crée en 2014. Elle est dirigée par l’honorable Billal Ag Acherif.  

Le 11 mai dernier dans un communiqué, les sites d’orpaillages dans la région de Kidal ont été délocalisés, de nouveaux sites ont été aménagés par la cellule des mines de la CMA. Depuis la sortie de ce communiqué, il n’y a eu aucune condamnation ou manifestation de la part du gouvernement ou les organismes internationaux (UE, UA et la  MUNISMA).  

A peine quelques jours seulement de cette décision, précisément le 22 mai 2020 à la veille des fêtes de ramadan, un autre communiqué sort. Dans lequel il est stipulé décision n°0015/2020/pdt-CMA, portant grâce à 21 détenus de la maison d’arrêt de Kidal. Un communiqué signé des mains d’un député malien et président de la CMA. 

Ledit communiqué précise qu’une cérémonie de libération sera organisée en présence des représentants de différentes structures de la CMA, de la société civile, du représentant de la division droits de l’homme de la MUNISMA et du CICR, sans oublier les parents des détenus. 

 Les maliens dans leur ensemble sont stupéfaits face à cette décision, une confusion totale dans l’esprit des gens. C’est sur procuration du chef d’Etat IBK que cette grâce a eu lieu ? Un député a-t-il le droit de gracier des prisonniers ? Pourquoi le silence de la MUNISMA ? Cautionne-t-elle cette décision ?  Comme pour les autres actes,  le gouvernement malien est resté bouche ‘’ B’’ aucune réaction ni condamnation pour un acte aussi grave en matière de droit.  Dans un tel contexte, pour certains observateurs si le président ne réagit pas, le ministre Malick Coulibaly devrait rendre sa démission. 

Cette situation ne laisse personne indiffèrent, les populations cherchent à comprendre le silence des autorités face à cette violation des droits du président de la république. Ces populations pensent que la communauté internationale est complice de tous ces actes. En tout cas l’accord ne prévoit pas cette forme de choses. Tout porte à croire que la ville de Kidal ne figure plus sur le territoire malien. Les maliens ont besoin d’avoir des explications suites aux différents actes que posent les responsables de la CMA.    

Coulibaly Dramane 

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