Mali-Online
Economie

La transition politique : Les investissements étrangers directs et le climat d’affaires, une priorité ?

Siège de l’Agence pour la Promotion des Investissements au Mali (API-MALI) (image d’illustration)

Les investissements directs étrangers (IDE) à destination du Mali constituent avec les envois de fonds des migrants et l’aide publique au développement, des sources immenses de financement de notre développement en infrastructures, en énergie, agriculture et surtout en création d’emplois. Ainsi la transition politique doit en faire son pilier pour la refondation du Mali nouveau.

En cela, les flux d’IDE au Mali restent faibles et instables en raison de la situation politique et de la sécurité fragile que personne n’ignore. Le Mali a connu une baisse des IDE en 2018 pour atteindre 366 millions $ contre 562 millions $ en 2017 selon la CNUCED. Le Mali se classe 148ème sur 190 pays dans le rapport Doing Business 2020 publié par la Banque Mondiale, perdant ainsi trois positions par rapport à l’année précédente.

La plupart des investissements directs étrangers sont orientés vers l’exploitation de ressources naturelles et minières (exploitation de l’or), et Télécommunication. Nos principaux investisseurs au Mali sont le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire (BCEAO). 

Leur impact sur l’économie et le développement demeure insuffisant en raison d’immenses problèmes notamment l’instabilité politico-sécuritaire qui continuent de dissuader les investisseurs. En d’autres termes, ce qui enfreint davantage l’entrée des IDE est incontestablement l’insécurité juridique d’où l’inefficacité de notre système judiciaire, inféodé à la corruption et au népotisme. (le Mali est classé 130ème sur 180 pays dans les l’Indice de Perception de la Corruption 2019 de Transparency International). 

Exactement, le Mali a mis en place une économie libérale dès les années 1990 et aujourd’hui a tout pour plaire aux investisseurs étrangers, le code d’investissement de 2012 en dépit de certaines insuffisances traite les investissements étrangers et nationaux de la même manière, octroyant des exonérations fiscales, simplifiant les procédures d’agrément et création d’entreprises, mais les entreprises publiques budgétivores faussent l’économie c’est là où le bas blesse.

Sans reproche, ces dernières années, le gouvernement du Mali a mis en place des politiques de promotion de l’IDE visant à encourager la compétitivité et la participation du secteur privé dans presque tous les secteurs. L’Agence pour la Promotion des Investissements (API) est l’autorité qui sert de guichet unique pour les investisseurs potentiels, le code d’investissement de 2012 est en révision pour s’inspirer de modèles de réussite en occurrence celui du Rwanda, Île Maurice, Tunisie. 

La transition politique offre une occasion pour restructurer l’entrée des IDE en les diversifiant, il  s’agit ici d’attirer pour accroître les investissements en industrie manufacturière créatrice d’emplois et en infrastructures qui contribuent à améliorer la productivité du capital privé, ipso facto, promouvoir la bonne gouvernance et développer le capital humain grâce à un système éducatif respectant l’adéquation formation-emploi est essentiel.

Guindo Issiaka, Diplômé en Droit d’Investissement international et développement, Étudiant à l’Université de Paris.

Vous pourrez également être intéressés par

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez. Accepter Lire plus