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Mali : 1er jour de grève de l’UNTM, la goutte d’eau qui fera déborder le vase…

Une vue aérienne de la ville de Bamako (illustration).

Après l’échec des négociations avec les autorités, l’Union nationale des travailleurs du Mali amorce sa grève de 5 jours aujourd’hui, prenant ainsi l’économie d’un pays affaibli en otage toute une semaine.

Quelles incidences sur l’économie malienne ?

Le Mali, depuis plusieurs années fait face à une crise multidimensionnelle. Les efforts déjà consentis par l’État pour faire front à ces multiples défis mettent à mal une économie fragilisée. Le terrorisme, ce grand mal qui sévit au sahel avec comme corolaire le déplacement massif des populations, l’arrêt de toute activité dans certaines localités telles que celles du centre, entache très fortement le tissu économique. À toutes ces crises s’ajoute celle sanitaire, la pandémie de la COVID19. Bien que sanitaire, notons que cette crise a un impact considérable sur l’économie malienne sachant que le pays a enregistré un recul de 80% de croissance économique pendant qu’il était prévu une croissance de l’ordre de 5%. Mais, au final, les estimations ont donné 0,5%. Et c’est toute l’économie mondiale en général qui en pâtit. Le présent tableau est, à cet effet, on ne peut plus alarmant ! 

Nous avons sillonné, aujourd’hui, la ville de Bamako, la capitale malienne, le constat est sans appel. Les services aussi bien qu’Étatiques que privés sont quasiment tous fermés ou n’assurent que le service minimum. Les banques et les autres structures financières sont essentielles à l’économie parce que « la banque représente à elle seule plus de 21, 4% de la croissance économique malienne au niveau des crédits privés. Si les banques ne sont pas en activité, il est clair que les opérations de transaction s’arrêteront et les entreprises verront leurs activités ralentir » signale Khalid Dembélé, économiste.  

Aussi, le secteur minier avec sa matière phare « l’or », un produit très pesant dans l’exportation parce qu’il représente 60 à 65% de nos exportations. Un arrêt dans ce secteur aussi important qu’est la mine, aura de lourdes conséquences et à ce rythme, ce sera la croissance économique qui va davantage se crisper. 

Notons que les services des impôts et de la douane, principaux pourvoyeurs de recettes publiques, sont également concernés, les pertes seront conséquentes et s’évalueraient à des milliards de nos francs. Paralysie est bien un euphémisme qui décrit la conjoncture actuelle !

L’économie et le social, deux vases communicantes…

Une économie asphyxiée a certainement un impact négatif sur la condition de vie des populations. L’histoire récente de notre pays nous apprend que les grognes sociales sont susceptibles de changer la donne voire renverser un régime. Les nouvelles autorités sont donc contraintes, pour la bonne conduite de la transition, de mettre tout en œuvre afin de couper court à ces crispations sociales. Pour ce, il urge de trouver un terrain d’entente avec l’UNTM bien que les revendications semblent couter les yeux de la tête mais avec « Un dispositif de négociations efficaces, il est possible de prendre le problème à bras le corps. Ceci ne veut pas dire d’assouvir toutes les demandes des syndicats mais de voir ce qui est possible de faire parce que quelque part les moyens demandés sont exorbitants et nous sommes un pays avec une économie très modeste » suggère professeur Khalid DEMBELE.

Cette nouvelle crise conjuguée à celles existantes n’augurent rien de bon pour un pays tiré à hue et à dia. Il est de la responsabilité des novelles autorités d’éviter l’accumulation des colères, des frustrations inhérentes à certaines décisions telles que la mise en place du CNT, l’organe législatif de la transition, contesté par plusieurs forces vives et l’échec des négociations avec les syndicats ouvrant ainsi un front social en pleine ébullition. Et si rien n’est fait, nous nous acheminons vers une « récession voire une dépression économique, c’est-à-dire l’arrêt de toute activité économique. Chose qui n’est pas souhaitable » avertit professeur Khalid DEMBELE, économiste. 

KAMANA/Mali-Online

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