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Mali : des hauts gradés de l’armée indexés dans des affaires de trafic de drogue par les Nation Unies, et si le rapport était biaisé…

Des responsables sécuritaires mais aussi les plus hauts officiers de l'armée malienne sont épinglés dans le rapport que l'ONU a consacré au massacre d'Ogossagou. RFI

Dans un rapport réalisé par des experts de l’Organisation des Nations Unies sur la mise en œuvre de l’Accord de paix et de la réconciliation, le chef de la sécurité d’État s’adonnerait à des pratiques quelque peu orthodoxes et certains des généraux de l’armée malienne y seraient également impliqués. Les allégations contenues dans ce rapport, semble-t-il, souffriraient de fondements fiables. C’est du moins ce que pensent nombre d’observateurs nationaux qui verraient derrière cette accusation une tentative de déstabilisation contre les responsables de notre armée. Mais si cela s’avère, en ce temps de grand trouble, la crédibilité des autorités serait davantage entachée.   

Les choses vont de mal en pis pour le régime du président IBK, les mauvaises nouvelles n’arrêtent pas de pleuvoir. Quasiment chaque jour des révélations fracassantes secouent le régime actuel. Aujourd’hui ce sont les hauts gradés qui sont cités.  Un rapport rendu public au Conseil de sécurité de l’ONU, le 7 août dernier, incriminent deux hauts responsables de l’armée nationale, il s’agit du Général Moussa Diawara et Kéba Sangaré. A en croire certains, il s’agirait d’une machination afin de fragiliser un pays déjà soumis à de rudes épreuves à savoir la crise multidimensionnelle dont il fait face. 

Cependant ils sont nombreux ceux qui pensent que l’ONU agit en porte-à faux avec des pays membres engagés aux côtés du Mali pour une sortie de crise, les auteurs de ce rapport semblent vouloir détourner le Mali de la quête de solution à la grave crise sociopolitique qui oppose un grand mouvement de contestation au régime en place. Pour certains observateurs, accuser le patron de la sureté nationale de pratiques déshonorantes comme le trafic de drogue est une des pires accusations contre une Nation qui se bat contre les narcotrafiquants dans la seule fin d’empêcher prospérer la nébuleuse transnationale. 

En outre, à y regarder par le grand bout de la lorgnette, ces accusations, aux dires des analystes, contribuent à démoraliser les troupes engagées à préserver l’intégrité territoriale, à sauver la digue que constitue le Mali dont la rupture occasionnera un déluge dans la sous-région, et même sur d’autres continents.  L’heure n’est plus à des accusations gratuites au moment où des efforts sont en train d’être consentis pour réconcilier les parties au centre et au Nord du pays. Pas plus tard que quelques semaines, les communautés Dogon et Peulh ont enterré la hache de guerre pour le retour de la paix dans le centre.  Les griefs reprochés aux personnalités citées,  selon le rapport, sont relatifs à de « prises de décision douteuses » lors du redéploiement programmé d’éléments de l’armée malienne dans le Nord du pays fin 2019. 

 Il faut souligner que ce redéploiement très progressif doit se faire sous forme de bataillons mixtes d’une armée dite reconstituée dans laquelle se retrouve tous les fils et filles du Mali.  Selon les textes de l’accord, ils doivent être composés à ratio égal des forces armées maliennes, des combattants de l’ex-rébellion et des groupes armés pro-gouvernementaux. Le rapport des experts de l’ONU relèvent que  « certains  bataillons mixtes ont fini leur entrainement officiel le 2 septembre 2019 », mais  n’auraient reçu leur lieu d’affection par l’état-major « seulement en décembre ». Ce qui constitue pour  les experts de l’ONU «  un  retard », pourquoi ? Selon ces observateurs cela devrait se faire plutôt,  également qu’ils ont largement  imputé à une décision du général Kéba Sangaré. 

 Cette affirmation ne tiendrait pas, sachant que le redéploiement du premier contingent de l’armée reconstituée a rencontré toutes les difficultés du monde à cause des autorités militaires de Kidal notamment la CMA.  Le rapport qui cite la responsabilité de ce général dans l’attaque d’Ogossagou risquera de saper les efforts de l’armée dans le centre au risque de dégrader le rapport entre les populations et l’armée dans cette zone de conflits.   

Dans ce rapport, le général Kéba Sangaré, alors Chef d’état-major de l’armée de terre à cette l’époque et en charge de la région du centre du Mali, « a été appelé à de nombreuses reprises et a reçu des messages l’informant de la menace, de la préparation et du début de l’attaque » et qu’« il a donné une fausse assurance à sa hiérarchie (…) que l’unité ne partirait pas avant l’arrivée de l’unité de remplacement.  Comment peut-on formuler un tel grief contre un chef armé qui a donné sa vie au Nord pour le retour de la paix et qui a lutté farouchement contre les terroristes au Nord ?  En tout cas, l’ONU doit chercher encore davantage sur ce jeune haut gradé de l’armée qui a l’estime de tout un peuple.   Quant au chef des services de renseignements,  les experts pointent  dans le rapport  des « vecteurs »  et « stratégie non officielle  qui visent, selon eux, à entraver la mise en œuvre de l’Accord ».  Aux dires des experts de l’ONU, le Directeur général de la sécurité d’Etat (DGSE), le Gal Moussa Diawara « a incité, encouragé et facilité la fragmentation de la Coordination des mouvements de l’Azawad ». 

Que ces accusations soient fondées ou pas, elles ne sont pas la bienvenue pour de nombreux maliens qui pensent qu’elle pouvait attendre. Vu la conjoncture, le moment est mal choisi, déjà que ce rapport est venu en retard, l’on pouvait mettre cela dans le réfrigérateur. Si l’ONU a l’intention d’assister le Mali à sortir de cette impasse, elle doit, selon les observateurs, faire l’économie de toute action à même d’empirer une situation déjà tendue.

 Hervé N’depo 

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