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Mali : l’imam Dicko demande au peuple de pardonner au président IBK

L’imam Mahmoud Dicko lors de la manifestation du 21 aout 2020 du M5-RFP.

Pour montrer leur satisfaction et leur joie à toute la nation, suite à  la  démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) a organisé le vendredi dernier un grand meeting à la place de l’Indépendance. Lors de cette rencontre l’imam Mahmoud Dicko, autorité morale de ce mouvement contestataire depuis le 5 juin 2020,  a appelé les Maliens à s’unir et à pardonner  son grand frère, IBK.

Le souhait du M5-RFP a été realisé depuis le  mardi 18 août 2020, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a annoncé sa démission, la dissolution de l’Assemblée nationale et du gouvernement quelques heures après son arrestation par des militaires regroupés au sein du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP).  La joie de cette réussite ne s’est pas faite en silence, le M5-RFP, qui réclamait le départ du pouvoir depuis plus de deux mois du président IBK, a organisé le vendredi dernier une grande manifestation place de l’Indépendance. 

Présent à cette rencontre de réjouissance, l’imam Mahmoud Dicko l’autorité morale du mouvement   a appelé les Maliens au rassemblement et a pardonné  Ibrahim Boubacar Kéita qu’il considère comme son grand frère. « Je suis imam et je reste imam. C’est pour cela que je dois dire certaines choses ici. Ce que je vous demande, je l’ai dit et je le répète : il y a eu des choses qui se sont passées que je n’ai pas aimées. Les saccages des maisons et des biens publics et privés ne sont pas une bonne chose. Ce n’est pas une question de vengeance. Il ne faut pas qu’on paie le mal par le mal. Ce que je souhaite il faut qu’on arrête la vengeance. Ne cassez rien, ne brûlez rien, n’agressez personne, n’insultez personne. Ce n’est pas une question de vengeance ». Il  poursuit : « Ce n’est pas ça notre pays. Il y a des valeurs que nous ne devons pas oublier. Le Mali est un pays de pardon, d’entente. Nous devrions nous donner la main pour faire face aux défis actuels. Nous devrions faire attention parce que le Mali est une seule famille. Nous devrions combattre l’injustice, l’insécurité, la guerre contre le Mali. Je demande à tous les Peuls de laisser les armes, je demande à tous les Dogons de laisser les armes pour construire. Je demande à la Coordination des Mouvements de l’Azawad et à la Plateforme que l’accord d’Alger est notre accord et nous devons nous retrouver entre Maliens pour son application correcte ». Il a surtout insisté sur la nécessité de passer l’éponge sur le cas IBK : « Il faut pardonner mon grand frère (IBK). Oui, il est mon grand frère. Au nom de Dieu je n’ai jamais souhaité que les choses se passent ainsi. N’oublions pas que nous sommes entre nous. Ne nous laissons pas emporter par la colère ».

S’adressant aux militaires du Comité National pour le Nalut du Peuple (CNSP), qui ont arrêté IBK ainsi que les membres du gouvernement et plusieurs officiers généraux et supérieurs de l’armée le mardi dernier, l’imam Dicko leur a demandé de respecter leurs promesses. « Je lance un appel pressant à l’endroit de nos enfants porteurs d’uniforme. Je les remercie pour l’œuvre qu’ils ont eue à accomplir. Mais je leur demande d’être dignes. Le peuple du Mali les observe, l’Afrique les observe. Qu’ils soient des hommes de parole en respectant leurs promesses. On leur dit de respecter leur serment et leur engagement devant le peuple souverain du Mali », a-t-il prévenu.  

Face aux ces menaces de la Cédéao,  l’imam Mahmoud Dicko a haussé le ton et fait une  mise en garde contre l’institution sous-régionale par rapport aux sanctions annoncées à l’endroit du  peuple malien. « Nous saluons tous les amis du Mali pour leur accompagnement. Je leur dis très sincèrement et je veux que le message leur arrive : ceux qui s’apprêtent à punir et à sanctionner le peuple martyr du Mali. Ceux qui le feront, ils seront châtiés par le bon Dieu. Je ne les appellerais pas devant un tribunal. Mais j’ai la ferme conviction que ceux qui vont faire subir à ce peuple martyr du Mali des misères encore, seront châtiés par le bon Dieu parce que Dieu seul sait que ce peuple martyr a subi toutes sortes d’injustices. Mais au lieu de le consoler, on le menace », a-t-il rappelé.

Le pardon de l’Imam à IBK n’est pas surprenant,  car  depuis le début des contestations du mouvement, les autres membres du M5 ont toujours demandé la démission d’IBK. Par contre, l’Imam Dicko n’a jamais prononcé ou demandé cette démission,   selon ses propos, l’homme ne voulait pas qu’IBK  parte. Mais il avait toujours mis en garde ce dernier. 

Hervé N’depo/Mali-Online

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