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Mali : retour de l’ancien président IBK…pendant que ses partisans s’en délectent, d’autres réclament justice

L'ancien président de la république Ibrahim Boubacar Keïta, jeudi 23 juillet 2020.

Après avoir démissionné dans la nuit du 18 août, l’ancien chef de l’Etat a passé huit semaines aux Emirats Arabes Unis pour des soins. L’ancien Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta est rentré hier soir à Bamako.  Il était parti à la demande de la CEDEAO deux semaines après le coup d’état. IBK s’était engagé à rentrer au pays après son traitement. Les militants de son parti se félicitent de son retour alors qu’au même, certains maliens, notamment le M5-RFP, le mouvement à l’origine de son départ, pensent qu’il doit être devant les tribunaux. 

L’ancien président malien Ibrahim Boubacar Keïta (« IBK »), renversé le 18 août par un coup d’Etat militaire, est rentré mercredi soir 21 octobre à Bamako après un séjour médical aux Emirats arabes unis. Arrêté par les militaires mi-août, le président Keïta, 75 ans, avait démissionné quelques heures plus tard. Détenu par la junte pendant plus de deux semaines, il a été autorisé à quitter le Mali le 5 septembre pour recevoir des soins aux Emirats arabes unis.

« C »est le président IBK qui vient d’arriver », a déclaré devant son domicile un membre de la garde présidentielle. Quelques dizaines de riverains l’ont accueilli en scandant « Vive IBK » et « Bonne arrivée ». Son départ à l’étranger pour des soins avait été envisagés peu après sa chute, à la suite, selon ses médecins, d’un court accident vasculaire cérébral (AVC).

L’ex-président  a été accueilli par des militants de son parti mais aussi des sympathisants devant son domicile. Pour son parti, Rassemblement pour le Mali, le retour de l’ex chef d’Etat et l’accueil qui lui a été réservé est la preuve de l’humanisme qui caractérise la société malienne. Mais à peine rentré au bercail, les opposants d’IBK demandent qu’il soit traduit devant la justice. « Quand on a tué, on sait très bien que ceux qui sont partis ne reviendront plus. IBK devait même être poursuivi pour haute trahison. Il nous a livrés au danger », soutient Coumba Yarissi, membre du M5RFP. Elle affirme que « la plainte introduite» contre l’ancien Président par le mouvement «tient toujours ». 

Ajoutant que le M5 attend que la transition soit huilée pour voir si les nouvelles autorités sont là pour le changement qu’a demandé le peuple malien «  Pour le parti de l’ex Président, le M5-RFP ne peut pas se substituer à la justice. Selon Boubacar Touré, secrétaire politique du RPM, c’est à la justice malienne de décider de porter ou non des charges contre Ibrahim Boubacar Keïta. « Le Mali est un état de droit. Et à ma connaissance le M5 n’est pas le tribunal du Mali, il n’est pas la justice du Mali et il n’est pas dans le dispositif judiciaire du Mali. Laissons le droit parler ! Laissons la justice faire son travail », a-t-il martelé. Il faut rappeler qu’en juillet dernier, le Mouvement du 5 Juin Rassemblement des Forces Patriotiques avait annoncé l’introduction d’une plainte auprès des juridictions compétentes du pays contre Ibrahim Boubacar Keïta pour crime de sang.

L’ancien président est revenu plutôt en bonne santé après les soins reçus aussi ne faut-il peut-être pas sur le plan politique le conjuguer tout de suite au passé. Un de ses soutiens venu l’accueillir, nous montre des photos collées à un calicot : « Ce sont ma mère et mes enfants, on soutient tous IBK ! ».  Au moment où les débuts du président de la transition Bah N’Daw sont plutôt laborieux, les prochains faits et gestes d’Ibrahim Boubacar Keïta seront scurutés à la loupe.

Hervé N’depo/Mali-Online

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