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Maréchal Idriss DEBY ITNO : Un modèle à suivre pour les militaires maliens au pouvoir

Le président tchadien Idriss Déby Itno lors de l'opération Colère de Bomo, fin mars 2020. © DR / Présidence tchadienne.

Arme à la main, le président Tchadien, le maréchal Idriss DEBY ITNO est mort. Militaire de formation, il dirigeait un pays qui vit pratiquement les mêmes crises sécuritaires que notre pays le Mali. Rébellion, terrorisme, si les deux pays connaissent les mêmes difficultés sécuritaires, force est de constater que les gestions diffèrent. L’un a connu un président militaire dévoué, chef de guerre qui a combattu l’ennemi au front jusqu’à son dernier souffle. L’autre aussi géré par des militaires, ses dirigeants ont préféré ranger leurs treillis dans le placard au profit de costumes de haute facture et de gros boubous en Bazin riches, roulant dans des voitures luxueuses et en trouvant refuge dans les bureaux climatisés de la ville loin du front.   

« Gendarmes du Sahel », « Stabilisateurs de la région », « les fous du désert », les qualificatifs ne manquent pas pour magnifier les soldats tchadiens. Des soldats motivés par l’amour de la patrie, mais aussi affermis par un homme exemplaire élevé au rang de « Maréchal du Tchad ». Venu au pouvoir par un coup d’Etat, le président Idriss DEBY ITNO militaire de carrière ne manquait pas d’occasion pour montrer son caractère de « guerrier », même à la tête de la magistrature suprême. Etant président, il enfilait son uniforme de militaire pour se battre quand le besoin y était. Une détermination qui a valu le respect à sa personne ainsi qu’à son pays le Tchad, un pays très sollicité militairement dans la zone sahélienne. Le Sahel, envahi par le terrorisme, région qui lie le Mali au Tchad, une arène dans laquelle les soldats tchadiens ont un rôle considérable concernant la lutte antiterroriste. Ils ont fait leurs preuves au nord Mali en combattant des grandes figures du djihadisme en 2012, lorsque le pays a connu pour la première fois une invasion jihadiste. A ce jour les « gendarmes du Sahel » continuent de braver toutes les difficultés liées au terrorisme dans l’Adrar des Ifoghas au Mali, ils sont même aux trousses de Boko Harram au Nigeria, tels sont les triomphes d’une armée dont les généraux se battent aux mêmes titres que les soldats de rang. 

Cependant, le modèle tchadien ne semble pas inspirer les militaires maliens même si les situations sont presque ex æquo. En août 2020, une tornade a emporté le président élu démocratiquement et porté la junte militaire au pouvoir pour une transition. Quelques mois après cette date, les plus grandes institutions ont été confiées aux hommes en arme, à savoir la présidence de la transition, la vice-présidence, la présidence du conseil national de la transition. Tous ces postes sont occupés par des colonels de l’armée. De surcroit, les portefeuilles ministériels stratégiques du gouvernement, ayant pour rôle principal la sécurité du pays sont sous la tutelle des militaires. A cela s’ajoute la nomination de plus d’une dizaine d’entre eux aux postes de gouverneurs. Pourtant les deux tiers du territoire national ne sont pas contrôlés par l’Etat, le niveau sécuritaire du pays se dégrade de plus en plus. La plus grande illustration à ce sujet a été le cas de Farabougou, un village de la région de Ségou qui a été assiégé par des jihadistes présumés pendant plusieurs mois. Farabougou fut ensuite libéré grâce à une intervention du Haut Conseil Islamique, une institution composée majoritairement par des leaders religieux qui a pu obtenir un cessez-le feu entre les groupes armés djihadistes et les chasseurs traditionnels Donso. Cette libération survient après une propagande médiatique entreprise par les hommes en treillis, alors que le village était encore sous l’emprise des terroristes.  Une des nombreuses situations qui a suscité une interrogation : que font réellement  les militaires ? 

En outre, à leur arrivée au pouvoir, l’espoir d’une sécurisation entière du Mali renaissait. Aujourd’hui, au regard des évènements qui se produisent quotidiennement, on se rend compte que cet espoir meurt à petit feu. 

Tout bien pesé, cette disparition du président Tchadien sur le champ de l’honneur doit interpeller les militaires au pouvoir sur la mise de la sécurité du pays au-dessus de tout, en allant combattre aux fronts et prendre une grande distance avec les merveilles de la ville, ce qui est d’ailleurs la raison d’être d’un soldat. 

Abdoulaye Konimba KONATE 

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