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Me Kassoum Tapo et Gal M’Bemba Moussa Keita au Gouvernement : IBK a-t-il fait le bon choix ?

De gauche à droite: Général M’Bemba Moussa Keita ministre de la Sécurité et Me Kassoum Tapo ministre de la justice.

Le 27 juillet 2020, Me Kassoum Tapo et General M’Bemba Moussa Keita ont été respectivement nommés ministre de la Justice, Garde des Sceaux et ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile. Depuis leur nomination, ces deux ministres font l’objet de critiques à tel point qu’on puisse demander si le choix dévolu sur eux n’est pas matière à discussion.

Depuis plus de deux mois, le Mali est plongé dans une crise sociopolitique, qui oppose le mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques au président de la République, Ibrahim Boubacar Keita. laquelle crise a privé le Mali de gouvernement pendant plus de 40 jours. Le 27 juillet 2020, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita a mis en place un mini gouvernement de 7 membres en attendant de trouver une issue à l’impasse politique. 

Nommés respectivement ministre de la Justice, Garde des Sceaux et ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, Me Kassoum Tapo et General M’Bemba Moussa Keita ont pris des décisions qui risquent d’aggraver davantage la crise sociopolitique.  En effet le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Kassoum Tapo a décidé de rentrer dans la confrontation avec le M5-RFP. Depuis sa nomination, Me Tapo ne cesse de menacer les manifestants du mouvement de contestation M5-RFP. Ainsi plusieurs manifestants du M5-RFP ont été arrêtés, jugés en comparution  directe et condamnés à des peines de prison ferme pour trouble à l’ordre public. Cette méthode va-t-en-guerre de Me Tapo n’a fait que renforcer la détermination du M5-RFP qui a catégoriquement refusé de rencontrer le président de la République tant que ses militants arrêtés ne sont pas relaxés, malgré la médiation de la CEDEAO. Il est également à signaler que certains procureurs et poursuivants ont décidé de suspendre leur collaboration avec le nouveau ministre de la Justice et son cabinet. Aussi, Le syndicat des surveillants de prison menace également d’aller en grève. 

Quant au ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Général M’Bemba Moussa Keita, la semaine dernière, il a suspendu quatre policiers, tous des syndicalistes, de leurs fonctions pour faute grave. Il s’agit de : Sergent-Chef de police, Bougouna Baba Dembélé, président du syndicat autonome de la Police (SAP) ; Segent-Chef de police Sidy Boubou Tamaboura, président d’honneur de l’Alliance pour la Police nationale (APN) ; Adjudant de Police Ibrahim Camara membre du syndicat indépendant de la Police (SIP) ; Sergent-Chef de police Amadou Sekou Sidibé, secrétaire général de l’APN.  

La suspension de ces quatre syndicalistes a entrainé une vive réaction des syndicats de la Police nationale qui ont lancé un ultimatum au nouveau ministre de la Sécurité et de la Protection civile de revenir sur sa décision. « Nous allons envoyer une correspondance au ministre pour lui demander de revenir sur sa décision d’ici le lundi prochain. Sinon à partir du mardi prochain, les Maliens peuvent se dire qu’il n’y a plus de policiers au Mali. Nous allons porter nos tenues, mais nous refuserons d’être déployés sur le terrain » a déclaré Adjudant, Sekouba Kanouté, le président du syndicat autonome de police de Koulikoro.

Ces méthodes de Me Kassoum Tapo et du Général M’Bemba Moussa Keita, loin de contribuer à apaiser la situation dans notre pays, sont de nature à pousser un pays déjà fragilisé dans une situation inextricable. 

Dans ce contexte, on est fondé de se demander si IBK ne serait pas trompé en nommant ces deux hommes dans le mini gouvernement. 

Issa Diallo

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