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« Nous proposons l’organisation des états généraux de l’énergie au Mali pour sortir l’EDM de cette situation » déclare Baba Daou, secrétaire général du Synacom à propos des délestages

Siège de l'énergie du Mali. Photo d'illustration.

Les syndicats de l’Energie du Mali (EDM) ont organisé le vendredi 30 avril 2021 une conférence pour informer des problèmes de délestage auxquelles est confrontée l’EDM. La conférence de presse était animée par le secrétaire général du comité syndical de l’EDM, Abdoulaye Cissé en présence du secrétaire général du syndicat national de la construction civile, des mines et de l’énergie (Synacom), Baba Daou et d’autres responsables syndicaux.

Depuis quelques mois les populations surtout celles de Bamako connaissent des délestages d’électricité entrainant souvent des réactions dures des consommateurs dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ces réactions ont poussé les partenaires sociaux de l’EDM à animer une conférence de presse le vendredi dernier. 

D’entrée de jeu, le secrétaire général du comité syndical de l’EDM, Abdoulaye Cissé a, au nom de tous ses collègues, exprimé « leurs regrets de ne peux pas pouvoir satisfaire les populations à hauteur de souhait ». Selon lui, la société Energie du Mali (EDM) est confrontée aux problèmes de production, de transport et de distribution de l’électricité. « La ville de Bamako s’accroit à un rythme accéléré. Ce qui fait que la demande dépasse largement l’offre. A l’état actuel des choses l’EDM n’est pas en mesure de satisfaire les clients à cause de l’insuffisance de la production, de lignes de transport et de distribution », affirme Abdoulaye Cissé, qui pointe du doigt aussi le manque d’investissement de l’Etat dans le secteur de l’électricité. « Depuis plusieurs décennies l’Etat n’a pas fait les investissements nécessaires pour accroitre les capacités de production de l’EDM. Nous n’avons pas un cadre de travail adéquat, nous manquons de personnel. En cette période de chaleur nous comprenons les mécontentements des uns et des autres. Si les populations n’ont pas l’électricité, elles ont le droit de manifester mais il est de notre devoir d’expliquer les causes des délestages mais on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Les agents de l’EDM n’ont aucune responsabilité dans les délestages», ajoute-t-il.

Le secrétaire général du comité syndical de l’EDM a également dénoncé le fait que sa société vend l’électricité à perte. «  Nous produisons le Kwh à 145 FCFA, l’Etat nous oblige à vendre le même Kwh à 100 aux consommateurs. La compensation que l’Etat doit nous verser n’est jamais payée à temps. Toutes les matières premières, qui entrent dans la production d’un Kwh au Mali sont importées. Chaque année, l’EDM perd 7 milliards de FCFA à cause des branchements illégaux. Cependant les nouvelles autorités ont fait des efforts pour réduire les délestages avec entre autres l’installation de deux centrales thermiques de 20 mégawatts chacune », renchérit Abdoulaye Cissé.

Aux dires du secrétaire général du syndicat national de la construction civile, des mines et de l’énergie (Synacom), Baba Daou, « l’EDM a une dette de 300 milliards de F CFA. Beaucoup de structures étatiques ne payent pas régulièrement leurs factures d’électricité. La Côte d’ivoire, à cause des difficultés qu’elle-même rencontre, n’a pas honoré ses engagements dans la fourniture d’électricité. Ce qui explique en partie les délestages dans notre pays. Nous proposons l’organisation des états généraux de l’énergie au Mali pour sortir l’EDM de cette situation ».

Issa Diallo 

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