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Présence militaire française au Mali : Réponse du berger à la bergère de Aboubacar Sidick Fomba au Colonel Malick Diaw

Le colonel Malick Diaw, president du CNT (illustration)

Voulant rappeler à l’ordre certains membres de l’Institution, qu’il préside, le Conseil national de Transition (CNT) sur les déclarations contre la présence militaire française au Mali, le Colonel Malick Diaw s’est vu à son tour rappeler à l’ordre par Aboubacar Sidick Fomba également membre du CNT.

Le mouvement « Yerewolo » prévoit un meeting pour demander le départ des troupes françaises du Mali. Face à cette situation le président du Conseil national de Transition, Colonel Malick Diaw, dans un communiqué publié le vendredi dernier, affirme avoir « le regret de constater que, depuis quelques jours, des déclarations émanant de certains mouvements et regroupements, au sein desquels militent quelques membres du CNT, tendent à décrier la présence militaire française au Mali. Au moment où notre pays aspire profondément à la paix et à la stabilité », avant d’ajouter que « le président du Conseil national de Transition informe l’opinion nationale et internationale que lesdites déclarations n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Il tient à réaffirmer le soutien et la disponibilité du CNT à l’endroit de tous les partenaires qui œuvrent aux côtés du Mali dans la lutte antiterroriste, sous toutes ses formes ». 

Dans le même communiqué le Colonel Malick Diaw « invite l’ensemble des membres du CNT à se focaliser exclusivement sur la mission qui leur est dévolue dans le cadre de la transition en cours au Mali et d’observer strictement les dispositions de l’article 92 du Règlement intérieur interdisant d’user de leur titre pour d’autres motifs que pour l’exercice de leur mandat ». 

Ce communiqué du président du Conseil national de Transition n’a pas été du goût de tous les membres de son Institution. En effet, Aboubacar Sidick Fomba, membre du CNT et président du parti ADEPM a également publié un communiqué le même jour dans lequel il qualifie les propos de Malick Diaw d’atteinte à la liberté d’expression. « Un tel communiqué qui n’est pas du rôle du CNT et qui est attentatoire à la liberté d’expression. Le parti ADEPM rappelle au président du CNT que conformément à la constitution et à la charte de transition les membres du CNT ont même le droit de demander et de voter des lois pour résilier ces traités à fortiori dénoncer. Ce communiqué viole non seulement le règlement intérieur du CNT mais aussi du décret de nomination et de la constitution de février 1992. Le parti ADEPM précise que les clauses de la légitime défense qui constituent la base juridique de la présence des forces françaises au Mali conformément à la légitime défense autorisent les dénonciations et les protestations du peuple malien qui paye ses impôts pour la prise en charge et du gouvernement et de ces forces. Pourtant aucune disposition de la charte, de la constitution et du règlement intérieur du CNT n’interdise aux membres du CNT la liberté d’expression et au CNT et en dehors du CNT » déclare Aboubacar Sidick Fomba.

Dans ce contexte va-t-on vers une crise ouverte au sein du CNT entre le Colonel Malick Diaw et les opposants à la présence militaire française ?

Issa Diallo

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