Mali-Online
Politique

Probable arrivée des mercenaires russes de Wagner au Mali : Le Premier ministre évoque implicitement le projet de « Plan B »

Dr Choguel Kokalla MAÏGA, le premier ministre de la transition malienne.

Depuis plusieurs jours des informations faisant état d’une éventuelle signature d’un contrat de partenariat entre le gouvernement malien et la société militaire privée russe Wagner sont relayées par la presse. Des rumeurs persistantes qui ont provoqué de très vive réaction de la France qui compte des milliers de soldats sur le sol malien depuis 2013 dans le cadre de la lutte antiterroriste.

Après plusieurs jours de silence, la première réaction des autorités maliennes est venue du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga qui, lors d’une rencontre, le jeudi 16 septembre 2021, à la Primature, avec les organisateurs du Forum Bamako et une autre association de la société civile, a évoqué ce projet de signature de contrat, sans citer la société Wagner, comme le « Plan B » du gouvernement malien en vue d’assurer la sécurité qui perdure.
Aussi, a-t-il ouvertement dénoncé le comportement de certains partenaires étrangers, sans les nommer, qui empêchent le Mali d’acheter du matériel militaire.

Selon le Premier ministre, des partenaires du Mali ont changé un peu leur politique après le changement du 18 août 2020.« Il y a des partenaires qui ont décidé de quitter le Mali pour se replier dans d’autres pays. Il y a des zones qui sont abandonnées qu’il faut occuper aujourd’hui, car on ne peut pas laisser le vide. Nos forces ne suffisent pas, ce qui amène une dispersion des forces », se justifie-t-il. Avant d’ajouter le Premier ministre : « Nous sommes obligés de nous interroger de la même façon dont les partenaires ont décidé de quitter certaines localités, s’ils décident désormais de quitter, qu’est-ce qu’on fait ? On est obligé de s’interroger. Est-ce qu’il ne faut pas avoir des plans B d’autant plus qu’on a vu des pays où on a lâché et les gens se sont trouvés seuls. C’est cette réflexion qui conduit à des débats aujourd’hui et on nous accuse de vouloir changer de stratégie ».

Le Premier ministre dénonce le comportement de certains partenaires du Mali en déclarant : « Le président a simplement dit à la CEDEAO qu’on ne peut pas dans une situation où on apprend qu’il y a une attaque quelque part, on a un hélicoptère qu’on veut utiliser pour aller on nous l’interdit au motif que c’est une zone d’entraînement d’autres forces partenaires. Cette situation ne peut pas continuer, c’était par le passé, mais aujourd’hui on ne peut pas continuer dans ça, c’est très clair ».

Par ailleurs, a déclaré le Premier ministre : « On ne peut pas nous interdire d’acheter le matériel avec un pays si on a un accord parce qu’un autre (pays) ne veut pas. On ne peut pas continuer dans ça, c’est très clair. On ne devrait pas nous empêcher d’envoyer des gens se former dans un pays donné, parce qu’un pays ne veut pas et ce, d’autant plus qu’au départ, l’intervention des forces internationales était justifiée par trois raisons : premièrement détruire le terrorisme, deuxièmement aider l’Etat malien à étendre son autorité et sa souveraineté sur l’ensemble du territoire, troisièmement appliquer les résolutions des Nations unies. Le terrorisme s’est étendu ; l’autorité et la souveraineté de l’Etat ne sont pas restaurées partout ; les résolutions des Nations unies changent chaque année. La dernière, c’est celle qui devait passer, il y a deux semaines. Le Mali a refusé l’augmentation du contingent de la MINUSMA parce que cela a été fait sans nous ».
Et de marteler : « D’habitude ça se fait sans le Mali, mais cette fois-ci, nous avons dit qu’on n’est pas d’accord. On a dit à notre ambassadeur de s’opposer. On ne peut pas augmenter le nombre d’éléments de la MINUSMA sans savoir pourquoi. Qu’est-ce qu’ils vont faire et qu’on discute. C’est ce qu’on a fait depuis neuf ans. Tout cela, on va vers d’autres horizons. Je l’ai dit dans mon discours à la place de l’Indépendance le 4 juin, alors que je n’étais pas investi de la confiance du président. J’avais dit très clairement qu’il nous faut la possibilité de regarder vers d’autres horizons, qu’on élargisse d’autres possibilités de coopération pour maîtriser notre défense nationale ».

Issa Diallo

Vous pourrez également être intéressés par

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez. Accepter Lire plus