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Rapports de l’OCLEI : Plus de 6, 9 milliards de FCFA de biens présumés illicites

Crédit photo : Présidence de la République du Mali

Après avoir présenté ses rapports 2019 et 2020 au Chef de l’Etat, le président de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), Moumouni Guindo, a offert, hier jeudi 14 octobre 2021, au Parc national, un déjeuner de presse, au cours duquel, il a révélé : « Du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2020, l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) a transmis à la justice 9 dossiers d’enrichissement illicite présumé. La valeur des biens présumés illicites dans ces 9 dossiers s’élève à 6, 995 milliards de FCFA. Les personnes concernées sont un comptable, 4 cadres financiers, 2 maires, un ministre et un préfet ».

Selon son président, du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2020, l’OCLEI a réalisé plusieurs actions dans le cadre entre autres de la prévention, de la contribution à la répression, des déclarations des biens, de coopération, ainsi que des recommandations.
En effet, au titre de la prévention, l’OCLEI a mené 19 activités d’information et de sensibilisation à travers le Mali pour lesquelles 1 556 personnes ont participé. Aussi, l’Office a accompagné la mise place de la plateforme des organisations syndicales de lutte contre la corruption, composée de 3 centrales syndicales et 6 syndicats.
Il a également noué un partenariat avec les confessions religieuses pour assurer la prévention de l’enrichissement illicite sous l’angle des religions.

Dans le cadre de la contribution à la répression, rappelle son président, l’Office a transmis à la justice 9 dossiers d’enrichissement illicite présumé. La valeur des biens présumés illicites dans ces 9 dossiers s’élève à 6,995 milliards de FCFA.
« Dans ces dossiers, les enquêtes de l’OCLEI ont identifié 384 biens immobiliers, soit 34 maisons d’habitation, 72 bâtiments commerciaux ou professionnels, 139 parcelles et 78 concessions rurales totalisant 181 hectares. Les personnes concernées sont un comptable, quatre cadres financiers, deux maires, un ministre et un préfet. Le montant total des entrées sur les comptes bancaires des 9 personnes s’élève à 3, 671 milliards de FCFA de 2014 à 2020. Dans la même période, leurs revenus légitimes s’élèvent à 444 millions de FCFA », révèle le président de l’OCLEI.

Et de préciser : « Les 3 dossiers transmis en 2019 ont été traités par le procureur de la République pendant environ plusieurs mois en application des textes qui, dans ce domaine, insistent sur les droits de la défense dans ce domaine. Conformément au Code de procédure pénale, deux d’entre eux ont été inculpés par des juges d’instruction qui, en outre, ont pris des mesures conservatoires sur certains biens identifiés par l’OCLEI. Pour l’ensemble des dossiers, la procédure judiciaire est en cours sans aucune implication de l’OCLEI ».
Au titre des déclarations de biens, note son président, l’OCLEI a dénombré au niveau de la Cour suprême 1 351 déclarations déposées en 2019 et 2020. L’OCLEI a traité la totalité de ces déclarations.
« L’OCLEI a constaté qu’en 2019, le Premier ministre et plusieurs ministres sont restés en fonction plusieurs mois sans avoir procédé à leur déclaration de biens. Le retard a dépassé trois années pour certains d’entre eux », déplore Guindo.

Par ailleurs, a fait savoir son président, l’OCLEI a adopté une démarche méthodique, objective et systématique qui lui a permis d’identifier 48 personnes dont le patrimoine a subi des variations significatives et que des enquêtes ont été ouvertes sur ces cas.
« En collaboration avec le ministère de la Justice, l’OCLEI a mis en place en décembre 2019 un Numéro vert 80 00 22 22. Il a reçu 585 appels sur ce numéro, dont 9 dénonciations d’enrichissement illicite, 87 dénonciations de corruption et 52 dénonciations d’autres infractions. Les félicitations et encouragements sont au nombre de 137, soit 23% du total des appels », a-t-il indiqué.

Pour Moumouni Guindo, l’OCLEI évolue dans un environnement national ambigu face à la corruption, toutes choses qui expliquent l’hostilité à laquelle il fait face depuis son opérationnalisation en juin 2017.
« L’opposition d’un syndicat des administrations d’Etat a abouti à la suspension des activités publiques de l’OCLEI. Cette situation a considérablement amoindri les résultats de la structure, notamment en ce qui concerne la sensibilisation et l’information des citoyens qui ne peuvent être sans communication », déplore le président Guindo.
A son humble avis, les modifications exigées par ce syndicat affaiblissent considérablement la lutte contre l’enrichissement illicite au Mali.

Issa Diallo

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