Mali-Online
Actualité nationale

Rétro : 2020, annus horribilis pour le Mali…

Aperçu du haut de la place d’indépendance du Mali. Photo d'illustration ©Mali-Online

2020, année de 20 sur 20 comme pour dire que c’était une année qui promettait tant d’espoirs. Mais très vite, tout le monde a été pris de court !

Qu’on se le dise, 2020 a été une année calamiteuse pour le monde en général et singulièrement pour le Mali. Elle était à peine commencée qu’on voulait déjà quelle finisse ! Se sont succédés les désastres, les crises, les frustrations et les inconforts.

Le Mali, faut-il le dire, est tiré à hue et à dia depuis plusieurs années par une crise multidimensionnelle, mais faut-il le reconnaitre, 2020 a été particulièrement éprouvante. Ce sont tous les secteurs, aucun n’a été épargné, qui en ont pâti.

Capharnaüm socio-politique…

Simulacre d’élections, dissolution de la Cour constitutionnelle et celle de l’Assemblée nationale, manifestations, députés spoliés, médiation de la CEDEAO, embargo, grogne sociale, désobéissance civile, concertations nationales, transition, autant de termes qui ont régné en vedette durant l’année écoulée.

Comme si la coupe n’était pas pleine, le Mali avec ses multiples crises s’offre un bras de fer avec les syndicats des enseignants sur le fameux « article 39 ». Chose qui prendra l’école de toute une Nation en otage.

Scandale sur scandale, le fil conducteur d’une lancinante crise sociopolitique aura été les dernières législatives. Après la proclamation des résultats, ce sont plusieurs candidats qui se sont dits lésés, spoliés. Des suites de cette situation tumultueuse, est né un mouvement politico-religieux initié par la troïka « CMAS-FSD-EMK », lequel écuma les rues de Bamako plusieurs mois durant. L’Assemblée nationale et la cour constitutionnelle en ont payé les lourdes tribus, elles ont été dissoutes. Les ardeurs de la rue, voulant mordicus le départ du président IBK et son gouvernement, n’ont pris aucun mou. Même l’intervention de la plus grande structure sous régionale n’a pas suffi à faire rengainer l’épée de Damoclès brandi sur la tête du régime déchu. Ce qui devait arriver arriva, le régime fut renversé, un 18 aout, par une junte militaire organisée sous la bannière de CNSP

Après moult tiraillements entre les différentes forces vives du pays, un pouvoir transitoire a été mis en place, qui, il est important de signaler, buttant sur plusieurs obstacles, peine véritablement à travailler. D’aucuns estiment que l’idéal, c’est-à-dire la rupture avec l’ancien système, le changement pour lequel les gens se sont investis dans la rue a été dévié. A leur en croire le spectre du régime précédant est toujours présent « du IBK sans IBK »

Économie, l’année de la vache maigre… 

Le conseil des ministres du mercredi 16 décembre 2020 a adopté, un projet d’ordonnance portant loi des Finances pour l’exercice 2021. Il ressort que le projet de budget 2021 présente un déficit global de 652 milliards 927 millions de FCFA, contre 719 milliards 349 millions de FCFA dans le budget rectifié de 2020, soit une diminution de 9,23%. Une situation corolaire à la mauvaise performance enregistrée au cours de l’année précédente.

Les crises qui secouent le pays, depuis plusieurs années, affectent une économie déjà faible. Les efforts consentis par l’État pour faire front à ces multiples défis mettent à mal une économie fragilisée. Le terrorisme, ce grand mal qui sévit au sahel avec comme corolaire le déplacement massif des populations, l’arrêt de toute activité dans certaines localités notamment celles du centre, entache très fortement le tissu économique. À toutes ces crises s’ajoute celle sanitaire, la pandémie de la COVID19. Bien que sanitaire, notons que cette crise a un impact considérable sur l’économie malienne sachant que le pays a enregistré un recul de 80% de croissance économique pendant qu’il était prévu une croissance de l’ordre de 5%. Mais, au final, les estimations ont donné 0,5%. Et c’est toute l’économie mondiale en général qui en pâtit. Le présent tableau est, à cet effet, on ne peut plus alarmant !

Insécurité, cet autre mal contre lequel le pays se débat.

Depuis 2012, la situation sécuritaire n’a cessé de se dégrader. Cependant 2020 a été  particulièrement difficile. Le foyer de terrorisme qui sévit dans le pays, s’est délocalisé dans le centre, et s’est muté en conflit intercommunautaire. Les attaques, les enlèvement surtout celui de Soumaïla CISSE dénotent combien l’insécurité a gagné du terrain en 2020.Farabougou parmi tant d’autres est l’exemple illustratif des villages et hameaux qui croupissent sous le joug des terroristes. En plus du terrorisme, certaines villes telles que Bamako ont enregistré des cas récurrents de banditisme. Les braquages avec arme à feu en pleine journée se sont multipliés.

Cependant, les maliens ne vont pas de sitôt oublier une année aussi éprouvante. Macabre, elle l’a été aussi, au regard de toutes ces personnalités au nombre desquelles Feu Général Moussa Traoré, Amadou Toumani, Soumaïla Cissé.. la liste est loin d’être exhaustive, qu’elle a prises. 

Une brève rétrospective dans le but d’amener tout le monde à faire sa propre  introspection…   

KAMANA/Mali-Online       

Vous pourrez également être intéressés par

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez. Accepter Lire plus