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Sahel : La présence militaire française contestée

Pancarte anti-française lors de la manifestation du 21 Aout 2020 du M5-RFP.

Depuis quelques jours, on assiste à des mouvements de contestation dans certains pays du Sahel contre la présence militaire française à tel point qu’on se demander si la France n’est pas en train de perdre son influence militaire dans la région.

La semaine dernière, des milliers de personnes se sont rassemblées dans la ville de Kaya au Burkina Faso pour s’opposer au passage d’un convoi militaire français en provenance de Côte d’Ivoire et à destination de Gao en passant également par le Niger. Ces manifestants dénonçaient ce qu’ils appellent « le double jeu de la France » dans la lutte antiterroriste.

On pouvait lire sur les banderoles : « Armée française dégage », « Libérez le Sahel », « Plus de convoi militaire d’invasion et de recolonisation français ».
Malgré un démenti de l’armée française, qui a déclaré que « ce convoi d’une soixantaine de camions et d’une centaine de militaires français, parti d’Abidjan se dirigeant vers Niamey puis Gao, n’est pas un convoi pour transporter des armes aux djihadistes, comme on peut le lire sur des réseaux sociaux », les manifestants restaient toujours déterminés.
« Que ce convoi fasse marche arrière, c’est-à-dire le trajet Ouagadougou jusqu’à la frontière ivoirienne. C’est la seule issue que nous nous voyons pour ce convoi. Nous l’empêcherons de traverser le territoire burkinabè », souligné l’un des meneurs du blocus de Kaya.

La situation à Kaya est loin d’être un cas isolé dans la région. En effet, au Mali, depuis plusieurs mois, le Mouvement Yèrèwolo Débout sur les Remparts organise régulièrement des manifestations pour demander le départ du pays des troupes françaises de l’opération Barkhane.
« Après 8 ans de présence militaire dans notre pays, la France a montré son incapacité à combattre les terroristes. Nous demandons à l’armée française de quitter notre pays », avait déclaré Adama Diarra, le président du Mouvement Yérèwolo, qui préconise une coopération militaire avec la Russie afin de venir à bout des groupes armés terroristes présents sur le sol malien depuis 2012. Ce mouvement semble être sur la même longueur d’onde que les autorités de la Transition, qui parlent de « diversification de leurs partenaires dans la lutte anti-terroriste ».
Au Niger, les opposants à la présence militaire française commencent également à donner de la voix.

Dans un communiqué, publié il y a quelques jours, l’intersyndicale des travailleurs du Niger affirme que « la présence des troupes françaises sur le sol nigérien n’a plus sa raison d’être ».
Elle fait cas des inquiétudes du peuple nigérien sur l’incapacité des forces étrangères sur son sol.
« La solution française est désormais obsolète et doit être mise de côté pour l’intérêt du pays », indique l’intersyndicale dans son communiqué.
S’exprimant sur le sujet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, a rétorqué que la France intervient dans les pays du Sahel à la demande des autorités de ces pays.

« Au Sahel, cinq pays demandent à la France d’intervenir pour les aider à lutter contre le terrorisme. Nous répondons à leur demande avec l’appui des Nations unies et des Européens », précise-t-il.
Face à la montée des mouvements hostiles à sa présence militaire au Sahel, la France ne va-t-elle pas perdre son influence militaire dans la région ?

Issa Diallo

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