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Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe sur les contacts entre le Mali et Wagner: « Nous n’avons rien à voir avec ça »

Echanges à New-York entre le chef de la diplomatie malienne et son homologue russe. (image d'illustration)

En marge de l’Assemblée générale de l’ONU le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov a apporté des éclaircissements sur une éventuelle signature de contrat entre le gouvernement malien et la société militaire privée russe, Wagner. Il a tenté de brouiller les pistes en niant l’implication de l’Etat russe sans démentir les contacts en cours. «Nous n’avons rien à voir avec ça », affirme-t-il.

Depuis plusieurs jours, une éventuelle arrivée des troupes de la société militaire russe, Wagner dans notre pays fait la Une de l’actualité. Lors d’un point de presse, qu’il a animé le samedi 25 septembre 2021 en marge de la 76ème session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov est revenu est cette question.

Selon le chef de la diplomatie russe, la coopération interétatique entre Moscou et Bamako est distincte des affaires liant le Mali à des sociétés privées russes en déclarant : «Nous n’avons rien à voir avec ça. Cette activité est exercée de manière légale et concerne les relations entre la partie qui embauche des spécialistes. Il s’agit d’un gouvernement légitime, reconnu par tous comme une structure transitoire légitime d’une part, et ceux qui offrent les services de spécialistes à l’étranger».

Les autorités de transition maliennes, précise Sergueï Lavrov, soulignent clairement leur attachement aux obligations internationales et, par ailleurs, luttent contre le terrorisme. Elles se sont tournées vers une société militaire russe privée étant donné que, si je comprends bien, la France veut réduire considérablement son contingent militaire qui y était déployé et qui était censé combattre les terroristes au Mali, indique-t-il.

« Ainsi, constatant ce déclin du soutien militaire français et estimant leurs propres forces trop limitées, les autorités maliennes se sont tournées vers une société de sécurité privée russe. Nous les autorités russes apportons notre contribution par le biais d’approches étatiques et non d’entreprises privées en ce qui concerne la capacité défensive du Mali, sa préparation au combat pour éradiquer les menaces terroristes et autres », a expliqué Sergueï Lavrov avant d’ajouter « Nous livrons de la production militaro-technique en tant qu’aide de notre part au Mali. Et dans le cadre du Conseil de sécurité, bien entendu, nous participons à l’élaboration d’approches optimales pour la poursuite des efforts de maintien de la paix »

Ces propos du chef de la diplomatie russe risque d’augmenter davantage les inquiétudes des pays européens dont la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, qui avaient martelé le 24 septembre dernier, qu’une éventuelle implication du groupe de sécurité privée Wagner au Mali serait inacceptable. « Nous voulons envoyer un message clair : nous ne sommes pas prêts à accepter l’entrée du groupe Wagner sur le théâtre malien », avait déclaré le ministre suédois de la Défense Peter Hultqvist, hôte d’une réunion entre ces Etats sur « l’Initiative européenne d’intervention ».

Issa Diallo

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