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SOMALIE : Le chef de l’État étend son mandat de deux ans

Le président somalien Mohamed Abdullahi Farmajo à Mogadiscio le 24 juillet 2019. SADAK MOHAMED / ANADOLU AGENCY VIA AFP

Malgré le jugement du chef de la chambre haute somalienne le lundi 12 avril précisant l’inconstitutionnalité du vote du texte lui permettant cela, Mohamed Abdullahi Mohamed a finalement franchi le rubicon en signant cette loi. 

La nouvelle a été donnée par son ministre de l’information dans la nuit de mardi a mercredi à travers une déclaration. 

Arrivé au pouvoir en février 2017, le mandant de 4ans du président a expiré au mois de février. Celui-ci était censé organisé de nouvelles élections, mais du fait d’une situation de désaccord avec l’opposition sur la composition des commissions électorales régionale et nationale les choses sont restées sans suite. Dans ce climat de tension apparente, la décision de prolongation de mandat de Mohamed Abdullahi Mohamed vient fragiliser une démocratie encore à l’état embryonnaire. 

La communauté internationale de son côté a réagi à chaud en montrant sa désapprobation suite à une telle décision dans un État où les démons de la guerre civile sillonnent. 

Les États-Unis à travers leur secrétaire d’État Antony J. Blinken exprime leur désolation en ces mots : « Les États-Unis sont profondément déçus par la décision du gouvernement fédéral de Somalie d’approuver un projet de loi qui prolonge de deux ans les mandats du président et du Parlement. » Aussi la maison blanche n’exclut pas des sanctions allant à l’encontre du pouvoir qui vient de monopoliser la gestion du pays. 

« Diviser la Somalie, créer des retards supplémentaires et constituer une grave menace pour la paix et la stabilité de la Somalie et de ses voisins », voici les éléments mentionnés par le patron de la diplomatie européenne Josep Borrel avant même la signature de ladite loi. 

La réaction londonienne ne s’est pas fait attendre également, James Duddridge ministre britannique de l’Afrique a déclaré : « En l’absence d’un consensus menant à la tenue d’élections inclusives et crédibles sans plus tarder, la relation de la communauté internationale avec les dirigeants de la Somalie changera. »

Il est important de rappeler que la Somalie fait partie des pays de la corne de l’Afrique ayant connu plusieurs périodes de troubles dont la plus marquante reste la guerre civile de 1991. Une guerre qui n’a vu son issue qu’en 2005. Ce conflit du fait de son caractère gravissime a plongé le pays dans une famine amenant l’ONU a lancé une opération humanitaire à cette époque. Et les conflits opposant des fractions armées ont cessé il y a moins de 10ans. C’est alors un État « môme » en termes de démocratie.

Source : VOAafrique

Mohamed FOFANA/Malionline

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