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mercredi 28 octobre 2020
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Culture

Souleymane Cissé l’icône vivante du cinéma africain a 80 ans

Souleymane Cissé, l’icône du cinéma mondial, a eu 80 ans le 21 avril dernier. Nous lui souhaitons un joyeux anniversaire. Et, formulons le vœu ardent que Dieu continue de lui donner une santé de fer, pour le bonheur de ses nombreux fils (dont votre serviteur) et nombreux petits fils et filles. Nous vous invitons à redécouvrir le brillant parcours de cinéaste qui a écrit les plus belles pages du cinéma malien et africain

S’il y a un malien qui a inscrit son nom en lettres d’or sur la liste des immortels de l’humanité, c’est bien le cinéaste Souleymane Cissé. Avec près d’une dizaine de courts métrages et 6 longs métrages, Souleymane Cissé est détenteur de deux étalons du Yennenga et de plusieurs distinctions. A la faveur de l’émission « Mérite » de l’ORTM, Souleymane Cissé est revenu sur son riche parcours.

« L’aspirant » en 1968, « Source d’inspiration » en 1968, « Dégal à Dialloubé » en 1970, « Fête du Sanké » en 1971, « Cinq jours d’une vie », en 1972, « L’Homme et ses idoles » en 1975, « Den Muso » en 1975, « Baara » en 1978, « Chanteurs traditionnels des Iles Seychelles » en 1978, « Finyè » en 1982, « Yeelen » en 1987, « Waati » en 1995 et « Min Yé » en 2009. Ce sont là quelques films qui font de Souleymane Cissé, celui qui a le plus de réalisations au Mali. Mais, comment Souleymane Cissé est arrivé à ce résultat ?

Né dans une modeste famille musulmane, Souleymane Cissé est passionné de cinéma dès son enfance. Mais, c’est un film documentaire sur l’arrestation de Patrice Lumumba qui va déclencher chez lui l’envie de faire du cinéma.

Elément du Mouvement pionnier du Mali, il va obtenir une bourse pour un stage de projectionniste, puis une autre pour faire des études de cinéma à l’Institut des Hautes Etudes Supérieures de la Cinématographie de Moscou.

Diplômé en 1969, il décide de rentrer au Mali. En 1970, il est employé à titre de cameraman-reporter au service de la cinématographie du ministère de l’information. Cet emploi lui offre l’occasion de parcourir le Mali caméra à l’épaule, au moins pendant trois ans pour réaliser des films documentaires.

Mais, c’est en 1971 qu’il va tourner son premier moyen métrage « Cinq Jours d’une vie ». Ce film qui raconte l’histoire d’un jeune qui abandonne l’école coranique et vagabonde dans les rues, vivant de menus larcins, est primée au Festival de Carthage. Avec, ce prix, Souleymane Cissé venait d’annoncer les couleurs de sa carrière.

En 1975, il réalise « Den Muso », son premier film en bambara qui parle d’une jeune fille muette violée par un chômeur. Enceinte, elle subit le rejet de sa famille et du père de l’enfant qui refuse de le reconnaître. Contrairement aux attentes du réalisateur, ce film ne va pas lui attirer que du bonheur. Le film est interdit par le ministre malien de la culture et Souleymane Cissé est arrêté et emprisonné pour avoir accepté la coopération française. Le film sera interdit pendant trois ans et n’obtiendra son visa d’exploitation qu’en 1978.

Pour se consacrer pleinement au cinéma et crée sa société de production Les Films Cissé ou « Sisé Filimu », Souleymane Cissé prend en 1977, une disponibilité à la fonction publique. En 1978, il sort le film « Baara » ou travail et reçoit l’Etalon du Yennenga au FESPACO.

En 1982, fait le film « Finyè » ou le vent. Cette chronique sur la révolte des étudiants maliens face au pouvoir militaire, collectionne les récompenses dès sa sortie: Étalon de Yennenga au Fespaco de Ouagadougou en 1983, Tanit d’Or au Festival de Carthage. Le film est également sélectionné au Festival de Cannes 1982. Membre du jury du festival de Cannes en 1983, Souleymane Cissé tourne entre1984 et 1987, son film « Yeelen » ou la lumière. Avec ce film, il obtient le prix Spécial du Jury du Festival de Cannes en 1987. Après avoir tourné « Waati » ou le temps en 1995, Souleymane Cissé va attendre 2009, pour faire le film « Min Yé » qui a présenté l’Afrique au Festival de Cannes. Président de l’Union des créateurs et entrepreneurs du cinéma et de l’audiovisuel de l’Afrique de l’Ouest (UCECAO), depuis 1997, Souleymane Cissé a été élevé au rang de Commandeur de l’ordre national du Mali en 2006. Il est aussi commandeur des Arts et Lettres de la République française.

Assane Koné

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