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Tentative de saisie d’un aéronef à Bamako : La justice malienne ouvre une enquête

Aéroport international Président Modibo Keita de Bamako-Sénou ( image d'illustration )

Dans un communiqué publié, le vendredi 26 novembre 2021, le gouvernement du Mali a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la tentative de saisie d’un aéronef de la compagnie Air Cote d’ivoire à Bamako et exprime ses « regrets aux autorités et au peuple ivoirien » pour les désagréments causés par l’incident.

« Le gouvernement du Mali a été surpris d’apprendre que le lundi 22 Novembre 2021, un Huissier-Commissaire de Justice a tenté de saisir un aéronef de la Compagnie Air Côte d’Ivoire à l’aéroport international Modibo KEITA de Bamako-Sénou », peut-on lire dans le communiqué.

Aussi, précise-t-il, il n’a été ni « informé ni associé à une telle entreprise. Que les recoupements effectués lui ont permis de comprendre que la tentative de saisie, qui constitue à tous égards une entorse à la loi, a été fort opportunément interrompue sur intervention de l’Ordre des Huissiers-Commissaires de Justice ».
Face à cette situation, explique le communiqué, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a instruit l’ouverture d’une enquête pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Et de rassurer que toutes les conséquences juridiques attachées à cette affaire seront tirées en temps opportun et que toutes les mesures seront prises pour éviter la survenue à l’avenir de tels incidents.
« En attendant, le gouvernement présente ses regrets aux autorités et au peuple ivoiriens pour les désagréments causés par l’incident ».

Les faits, selon l’hebdomadaire Jeune Afrique, la tentative de saisie de cet aéronef serait liée à une décision de la Cour de justice de la CEDEAO. Aussi, rapportent nos confrères de Jeune Afrique, « l’homme d’affaires congolo-malien, Oumar Diawara, a obtenu, le 22 novembre, la saisie au Mali d’un Airbus A319 immatriculé TU-TSZ exploité par la Compagnie nationale Air Côte d’Ivoire. L’opération fait suite à la décision, le 22 octobre, de la Cour de justice de la CEDEAO de lui réattribuer environ 50 hectares de terrains confisqués en 2020 sur décision du tribunal de première instance d’Abidjan, ainsi que de lui verser 1,3 milliard de F CFA au titre de dommages et intérêts.

Situées sur les communes d’Angré, Assinie, Bingerville et Abatta, ces terres sont estimées à 15 milliards de FCFA. L’une des parcelles concernées doit accueillir un tronçon de la future autoroute Y4 qui contournera la capitale économique. Toujours dans l’attente de l’exécution du jugement, l’investisseur, également actif dans les secteurs du pétrole et du gaz en Afrique centrale, ainsi que du transport de produits raffinés et alimentaires dans l’hinterland Ouest-africain, a décidé de saisir les avoirs de l’État ivoirien », révèle Jeune Afrique.

Le contexte diplomatique ne s’y prête pas, la tentative de saisie de cet aéronef ivoirien intervient à un moment où les relations sont tendues entre le Mali et la CEDEAO, qui a pris des sanctions contre plusieurs personnalités de la Transition maliennes, frappées d’interdiction de voyage et le gel de leurs avoirs financiers. La saisie de cet aéronef pouvait froisser le voisin ivoirien, qui a une influence au sein de la CEDEAO. D’où cette décision du gouvernement malien d’ouvrir une enquête sur cette affaire, qui ressemble à un de séduction envers les autorités ivoiriennes.

Issa Diallo

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