Mali-Online
Actualité nationale

Transition au Mali : Les défis qui attendent Choguel

Dr Choguel Kokalla MAÏGA, le premier ministre de la transition malienne, ce mercredi 09 juin 2021 à la primature.

Nommé, lundi 7 juin 2021, par le Président de la transition, juste après la prestation de serment de ce dernier devant la Cour suprême, le nouveau Premier ministre, le Dr Choguel Kokalla Maiga, a du pain sur la planche. Et pour cause, la mission de « rectification de la trajectoire de la transition », telle que définie dans les 10 mesures du M5-RFP, mouvement contestataire du régime de l’ancien président IBK, dont il est issu, s’avère comme un véritable défi à relever.

Quelques heures après sa prestation de serment, le Président de la transition, le colonel Assimi Goita a officialisé la nomination de Dr Choguel Kokalla Maiga, Premier ministre par le  décret N°2021-361/ PT-RM du 7 juin. Issu du mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), Dr Choguel Kokalla Maiga dispose de 9 mois pour mettre en œuvre son processus de « Rectification de la trajectoire » de la transition afin de créer les conditions d’une refondation totale du Mali.  
Il s’agit des 10 points déclinés en 17 mesures fortes soutenues par son mouvement, notamment la lutte implacable contre la corruption, la réduction du train de vie de l’Etat, la transparence et la redevabilité à tous les niveaux ; la mise en œuvre de véritables poursuites judiciaires contre les commanditaires, auteurs et complices des tueries et exactions contre les victimes de la crise ; l’audit du patrimoine immobilier de l’Etat et des Collectivités territoriales ainsi que des ressources publiques allouées à certains départements ministériels, services stratégiques et projets de développement.
Durant cette seconde phase de la Transition, devant durer 9 mois, le nouveau Premier ministre et son équipe doivent aussi procéder à l’organisation des assises nationales pour la refondation devant aboutir à un large consensus national sur les grandes préoccupations de la nation ainsi qu’à la conclusion d’un pacte national de stabilité sociale, sécuritaire et de croissance, afin d’obtenir une trêve globale (politique, sécuritaire, syndicale, sociale et économique, etc.) et créer un climat d’apaisement, de sérénité, de confiance mutuelle ; cette stabilité permettra de consacrer les énergies et les ressources de la Nation à la lutte contre le terrorisme et à la conduite consensuelle dans la paix des réformes politiques et institutionnelles nécessaires à la refondation du Mali.
Dr Choguel Kokalla Maiga et son gouvernement doivent s’atteler aussi à la révision consensuelle et inclusive de la Constitution, dans le respect de son article 118 ; la relecture de l’Accord pour la paix et de réconciliation issu du processus d’Alger, conformément aux recommandations unanimes de nombreux foras, après une évaluation des 6 années de tentatives d’application, et dans le respect des principes fondamentaux d’unité nationale, d’intégrité du territoire national, de souveraineté de l’Etat et de la forme républicaine et laïque de l’Etat ; la mise en place d’un organe unique de gestion des élections tel que réclamé unanimement par la classe politique et la société civile.
Membre du M5-RFP, Dr Choguel Kokalla Maiga va également se battre pour la fin de la répression des manifestations démocratiques et pacifiques qui sont des droits constitutionnels, des arrestations abusives et extrajudiciaires, des faits du prince contre des populations démunies et en violation de la Loi comme les démolitions d’habitations ; la création des conditions sécuritaires sans lesquelles le retour de l’administration et la fourniture des services sociaux de base seront des leurres.  

En tout cas, cet Ingénieur des télécommunications de classe exceptionnelle, président inamovible depuis 1997 du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR), héritier politique de l’ancien défunt Président Moussa Traoré ; ministre sous les Présidents ATT et IBK ; plusieurs fois candidat à l’élection présidentielle ; et qui a rejeté, en fin mai 2021, la proposition de l’ex-Président de la transition, Bah N’Daw, de faire entrer le M5 au gouvernement Moctar Ouane II, disposerait de tous les atouts pour conduire à bon port les 9 mois restants de la transition.

Mais disposerait-il de toutes les cartes ? wait and see

Issa Diallo

Vous pourrez également être intéressés par

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez. Accepter Lire plus