Mali-Online
Politique

Transition : Soumeylou Boubeye Maïga met en garde contre le non-respect des engagements

Soumeylou Boubeye Maïga, ancien premier ministre et président du parti l’Alliance pour la Solidarité au Mali/ Convergence des forces patriotiques (ASMA-CFP) lors d'un entretien avec Mali-Online en janvier 2021.

 « Nous avons toujours dit que s’il y a rupture du consensus, nous pouvons renter dans une zone de turbulence que personne ne connait», a déclaré Soumeylou Boubeye Maiga lors d’une rencontre entre des responsables de plusieurs partis politiques, le lundi dernier. Ces propos de Soumeylou Boubeye Maiga sonnent comme une mise en garde adressée aux autorités transitoires.

L’hôtel de l’Amitié à Bamako,  a abrité le lundi 26 juillet 2021 une rencontre  autour de la transition, qui a réuni des responsables du RPM, de l’Adema-PASJ, du PS Yelen Koura, de l’ASMA-CFP, de la CODEM, du YELEMA, du RDS, de la CDS Mogotiguiya, de l’APR, de l’ARP, du RPDM, des Non Alignés, et du MIRIA, et du MOREMA. Présent à cette rencontre, l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maiga, non moins président de l’ l’ASMA-CFP a déclaré « Nous avons voulu nous rencontrer pour exprimer notre position, notre soutien au processus de transition et notre attachement au consensus interne  national, qui s’est dégagé sur le délai de la Transition, lequel consensus a obtenu le soutien unanime de la communauté internationale ». 

Soumeylou Boubeye Maiga met en garde contre toute autre initiative, qui se tient de manière parallèle aux conclusions de l’atelier organisé, il y a quelques semaines,  par le gouvernement sur l’organisation de l’élection notamment sur la problématique d’un organe unique de gestion de l’élection. « Nous nous en tenons aux conclusions, que nous avions à l’unanimité dégagée à l’occasion de cet atelier. Pour nous, toute autre initiative, qui se tient de manière parallèle, non réglementaire, ne nous engage pas. Nous restons engagés  par les termes de référence de cet atelier ».

Selon lui,  les autorités de la Transition doivent  tenir compte de l’impératif  pour le pays de « sortir d’une situation relativement instable, et de se doter d’institutions ayant la durée et la légitimité pour pouvoir rassembler l’ensemble des Maliens et nos partenaires  afin de relever les défis auxquels nous faisons face, qui sont des défis que tout le monde connait ».   

Ce qui est impératif pour nous tous, dira le président de l’ASMA-CFP, « c’est le respect du consensus national. Nous avons toujours dit que s’il y a rupture du consensus, nous pouvons renter dans une zone de turbulence que personne ne connait ». 

Après ces propos de, Soumeylou Boubeye Maiga, qui sonnent comme une menace, on peut se demander si nous n’assistons pas à la fin de la période de grâce entre SBM et les militaires. En effet, depuis le coup d’état d’août  2020, l’ancien Premier ministre n’avait pas encore tenu de propos à l’encontre des militaires qui ont renversé le régime d’IBK. Dans ses interviews données aux médias nationaux et internationaux, SBM avait toujours essayé de caresser les autorités de la Transition dans le sens du poil. Entendre SBM, le lundi dernier, hausser le ton contre les autorités transitoires, prouve visiblement que les attentes du Président de l’ASMA-CFP par les militaires, qui restent toujours les patrons de la Transition ne sont pas satisfaites. Certaines sources proches des militaires ont révélé au mois de mai dernier que SBM avait essayé de rencontrer l’ancien président de la Transition Bah N’Daw à Paris lors d’une visite officielle de ce dernier dans la capitale française. Quelques jours après Bah N’Daw et son Premier ministre, Moctar Ouane, ont été arrêtés par les militaires. On connait la suite. Les propos de SBM interviennent également, quelques jours après que l’influent Chérif de Nioro, Bouyé Haidara ait appelé à une prolongation de la Transition. Selon ses proches, le Chérif de Nioro aurait déclaré : « Nous nous devons de supporter les éventuelles sanctions et autres embargos en vue d’accorder du temps aux Autorités de la transition. Cependant, nous n’hésiterons pas à dénoncer également les Autorités actuelles de la transition si jamais elles ne se montrent capables à hauteur des attentes du peuple malien ».

Pour rappel, le Cherif de Nioro avait ouvertement combattu SBM et sa démission quand ce dernier occupait la primature en 2018. 

Issa Diallo 

Vous pourrez également être intéressés par

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez. Accepter Lire plus